AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

“Mon voisin le stalker ∅ Arsen”

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Messages : 170
Date d'inscription : 26/02/2017
Indiana A. Jones
bleu
avatar


 Mon voisin le stalker ft. Arsen B. Eastwood,
du clafoutis et un chien qui fait pipi

Fuck fuck fuck. C'était devenu une rengaine à force, ça roulait presque joyeusement sur sa langue et il avait envie de chantonner les dernières notes. Une demi-heure à marmonner dans sa barbe en faisant les cent pas devant la porte de son minuscule appartement avec pour seule compagnie deux chats trop curieux – Rolly et Domino – un chien bon public – Bambi – et un autre mentalement absent – Popeye, pauvre pépère. Mais les trois premiers s'attendaient probablement à ce qu'Indiana finisse par prendre une gamelle ou une laisse alors ça ne comptait pas.
"Me regardez pas comme ça", siffla-t-il en pointant le doigt sur chacun de ses observateurs, comme si c'était de leur faute s'il ne pouvait pas prendre une décision critique en moins de trente minutes.
L'immeuble serait en feu qu'Indy ne saurait pas mieux sauver sa vie. C'était pas une question de vie et de mort pourtant. Enfin. Peut-être. Pas exactement ? Il en savait rien. Et il saurait pas avant de sortir.
"Aaah fuck fuck fuuuuck !"
Ça y'est il jurait en rythme maintenant. Bambi aboya. Indy claqua ses mains et attrapa la laisse la plus courte, la rose fuchsia, celle du cocker sus-nommé. Parfait, merci Bambi. Quelle riche idée ! Il allait l'utiliser comme alibi. Et non il ne répondait pas du tout à son chien comme s'ils venaient de monter ce plan foireux à deux.

Les deux autres chiens le regardèrent d'un air déçu mais Indy se promit de revenir les chercher lorsqu'il aurait réglé la situation. Les chats quant à eux se contentèrent de le snober du regard avant de quitter les lieux, probablement pour aller pisser sur son lit en guise de vengeance. Il verrait plus tard.

Indy enfila ses chaussures, prit ses clefs et sortit comme s'il allait vraiment promener Bambi, alors qu'en réalité une fois la porte de son appartement claquée il se colla à celle du voisin, quelques mètres plus loin. Il leva le bras et là...

Merde il aurait dû prendre des gants de cuisine au lieu de son chien et utiliser la vieille excuse du "avez-vous du sel naturel ? j'ai fini toute mes pilules" mais qui se promenait avec des gants de cuisine comme un abruti, en fait qui cuisinait réellement dans cette immeuble pourri où les pilules coûtaient moins cher et oh, pourvu que le voisin ait pensé à s'alimenter quelles que soit ses préférences culinaires est-ce qu'il aurait dû apporter du clafoutis – il avait une folle envie de clafoutis mais il ne savait pas cuisiner cette merde et putain il fallait que son cerveau ARRÊTE. Indy inspira un grand coup, agacé, hésita encore un peu. Bambi s'impatienta. Indy jura encore deux-trois fois dans la barbe qu'il n'avait pas. Bambi gémit et–

Oh non il ne venait pas de pisser sur le paillasson du voisin.
"Putain."
Ça y'est, voilà. Tout ça parce qu'il était incapable de décider en moins de trente minutes si l'Homme Presque-Invisible qui lui servait de voisin de pallier était encore vivant et s'il était de son devoir de, peut-être, s'en assurer. Sans réfléchir et parce que why not il avait déjà littéralement les pieds dans le merdier, Indy sonna avec la meilleure excuse du monde.

Salut. T'aurais pas du papier absorbant ?

Oui c'est mon chien oui.

Bambi, Eastwood, Eastwood, Bambi.

Oh, tu es vivant.

Magnifique.

Maintenant laisse-moi exécuter les très exacts 2,06 m. qui me séparent de mon propre appartement afin de m'y enfermer à tout jamais.


Déjà 8,07 secondes s'étaient écoulées. Indy sonna à nouveau, pas sûr que la sonnette soit fonctionnelle. La sienne rendait l'âme un jour sur deux. Neuf. Dix. Il fallait que son cerveau arrête de faire ça, vraiment.
Messages : 233
Date d'inscription : 21/02/2017
Localisation : Chapel Street
Arsen B. Eastwood
bleu
avatar
2032
Je colle mon nez contre ma porte, les deux mains à plat. Ma paupière se fixe, mon œil, attentif, puisque je l’observe à travers le judas. Ils disent que c’est pour mieux voir, que c’est pour mieux choisir aussi, d’ouvrir et ou de laisser la porte fermée… Mais moi j’y toujours trouvé beaucoup de poésie quand elle devient fenêtre sur le monde quand mon appartement semble si retiré. Et même après quelques secondes je constate qu’il est toujours là. À fixer avec trop d’intensité ma porte, mais moi j’ai oublié qui il est ou alors je fais semblant et mon esprit est un bon menteur. Peut-être que nous en resterons là. À se fixer avec trop d’intensité, une jolie porte bouclier entre nos deux corps apeurés.

Mais quand je pense que nous en resterons-là aujourd’hui et qu’il s’en ira s’en demander son reste il se met à jurer, pauvrement, alors qu’il existe tellement de mots, tellement de beau. La pauvreté de sa langue me sidère, provoque subitement ce désintérêt. Je me retourne, un grognement accroché sur le coin de ma bouche et je plaque mon dos tout contre le bois, lassé. Pourtant il sonne et je m’étonne qu’elle fonctionne encore. Je me fige pour fixer de nouveau le bois, une distance raisonnable instauré sans même y penser. Peut-être que j’essaie de lui envoyer des signaux contraires, pour le faire s’en aller, décamper. Mes murs sont encore trop noirs et blancs, il n’a pas besoin de voir le décors… Des corps invisibles et muets qui ne font que s’exprimer au travers de lettres, de mots, de vers assassins et imprévisibles qui cognent ma tête et poignarde mon propre dos offert avec indignité. Le second coup de sonnette me fait déchanter. Il semble vouloir rester. Entrer.

J’accroche la chaîne de sécurité et j’entrouvre la porte avec circonspection. Ou alors trop de précaution. J’ouvre la poignet et dès que l’air de l’ailleurs s’engouffre, je plisse le nez. Je plisse l’œil, je plisse la bouche et si je pouvais plisser mon corps entier je le ferai, mais ah, il n’est déjà plus temps. Je dis :

 « Le chien ne rentrera pas. » ça sent l’urine et j’ai bien l’impression d’avoir trouvé mon coupable. Et si j’étais des ces gens qui aiment aller et venir je m’en serai offusqué, mais après tout si cela fait fuir les autres résidents, pourquoi pas.  « Peut-être que toi non plus tu rentreras pas. » J’annonce, pas très aimable.  «...» J’entrouvre la bouche, puis je la referme, parce qu’il me semble le reconnaître, un peu… Juste un peu.  « … Toi. Le dispensaire.» Finissais-je par annoncer, fort peu éloquent, mais je suis méfiant. L’envoyaient-ils pour vérifier mes bras et m’apporter des pilules pour contenter – ou si peu, mon estomac ?
Messages : 170
Date d'inscription : 26/02/2017
Indiana A. Jones
bleu
avatar


 Mon voisin le stalker ft. Arsen B. Eastwood,
du clafoutis et un chien qui fait pipi

La porte s’entrouvre et un œil accusateur se pose sur lui. Les paroles, peu aimables, le frôlent comme une gifle facile à éviter : il n'a qu'à baisser la tête. Alors Indy change de position comme un boxeur qui modifie ses appuis avant de frapper ; recule. Il devrait se sentir mal et être désolé. Il devrait baisser le nez et s'excuser. Mais c'est très difficile, pour lui, de baisser les yeux. Même quand tu crois qu'il s'écrase il te regarde par en dessous, les yeux à moitié cachés sous ses cils. Son front s'abaisse et il a l'air de se laisser faire mais c'est tout le contraire. Parce qu'Indiana, il sait très bien qu'on approche pas un chien par en-dessus comme ça.
Surtout quand on le connaît pas.
"Désolé", il dit, l'air pas désolé du tout. Il met les mains dans les poches de sa veste. "T'as un truc pour essuyer ?"
Oui on est comme ça nous on vient pisser sur ton paillasson et après on te demande d'assumer.

La pose est détendue mais l’œil aiguisé ; clairement il essaye de déterminer si l'autre en face vacille. On croirait qu'il est prêt à le défier tant il a l'air assuré et dans son bon droit ; il aurait pris la même attitude s'il avait voulu l'insulter. Mais il est pas là pour le briser et les vacillements qu'il scrute sont ceux qu'il cherche à éviter. Dispensaire. Voilà c'est lâché, après tout c'est là que tout a commencé. Indiana est surpris qu'il se souvienne de lui. Il penche la tête sur le côté comme s'il venait de le reconnaître aussi, et la peau blême, les mains moites, le regard un peu paumé qui croise brièvement le sien ou les silhouettes tremblantes qui le frôlent trois fois par semaine. En vrai il est juste en train de réfléchir à ce qu'il doit dire pour ne pas se faire griller. Bambi se dandine, mal à l'aise. Indy lance un regard au cocker. Ouais, tu m'étonnes. Moi non plus je serai pas bien si je venais de me faire dessus devant le voisin. Mais c'est pas Indy le coupable, c'est son chien. Et c'est pas vraiment la faute de ce pauvre Bambi. Alors non, pas de malaise dans le regard, vraiment. Un peu de défi.
"Ouais, ouais, je sais qui t'es... j'habite à côté. Je t'ai plus revu à Saint-George. Remarque, j'y suis pas tous les soirs." Haussement d'épaules, parce que non, il n'a jamais demandé à ses collègues de lui dire s'ils revoyaient ce type pour la simple raison qu'il habite la porte d'à côté j'ai le droit de savoir si c'est un régulier ne me jugez pas. "Ici non plus, je te vois pas beaucoup. Tu vis bien ici ?"
Il jette un coup d’œil par-dessus l'épaule du voisin, comme s'il voulait vérifier. Mais il ne voit pas grand-chose de là où il est. Et il n'y a pas de curiosité dans son regard. Du défi, toujours, mais rien de bien méchant. À peine provocant.

HJ:
 
Messages : 233
Date d'inscription : 21/02/2017
Localisation : Chapel Street
Arsen B. Eastwood
bleu
avatar
2032
Je me rappelle un peu de ce passé qui ne veut plus rien dire aujourd’hui. De cette époque où j’étais blafard et triste à crever. Je me rappelle qu’au bord du gouffre j’ai rampé et qu’il y avait des gens pour me tirer hors de ce puits. Je prends quelques secondes pour penser à tout ce que j'ai fui.
Ce n'est pas chose aisée que de voir l'hier frapper à ta porte. Ce n'est pas chose aisée que de percevoir cette faiblesse et qu'elle m'exhorte. Car j'ai longtemps rampé et cette misère est plus qu'une ombre, une réalité. Elle me rappelle qu'avant il suffisait que je me shoot pour ressentir ne serait-ce qu'un peu de frisson. D'excitation. Mais cette extase m'a été volé et à la place on m'a injecté tellement d'inspiration que je pourrai vomir des mots pour l'éternité. J'ignore qui est le plus désespéré, mon ancien moi ou ce lui qui est.
Il me reste des souvenirs brouillons de perfection chimique. C'est quelque part dans mes synapse, une sensation chimérique. Mes doigts se gravent dans ma porte, ou mes ongles acéré. J'étais pitoyable et tu le sais.  Ce visage je me le rappelle parfaitement car il était de ceux qui offrent de l’espoir derrière son comptoir. Quelqu'un qui donnait des sourires et dont les yeux racontaient des histoires.  J'ai besoin de lui prouver. Que je vais bien mieux et qu'il peut le contempler.
« C’est ici que je réside. » Finissais-je par déclarer, faussement assuré. Vivre n’est pas encore à l’ordre du jour, de toute évidence. Je m’y efforce en réalité, même si parfois tout ceci ressemble trop à une potence. Il faut dire que je peux comprendre ses doutes, il suffit de voir mes cernes et l’éclat de mort sur mes sourires à peine dessinés, moi aussi je sais additionner. Vous faites des visites à domiciles, maintenant ? Demandais-je, avec autant de défi que de dédain dans ma propre bouche que dans ces yeux, c’est vrai, j’ai l’impression que je dois m’y raccrocher. Je m’écarte de la porte pour aller chercher de l’essuie-tout, soliloquant ma peine et ma contrariété, sans pouvoir m’en empêcher. Quelque chose qui parle de clafoutis et de cerises. Et bon sang il faudrait qu’il s’en aille vite pour que je puisse m’y atteler.  Je suis convaincu qu'il lui en faudra plus pour qu'il daigne me laisser. Même si je râle et que j'expire combien j'ai toujours détesté les surprises. Je lui tends l'essuie-tout et lui fait signe de s'en aller.
Maintenant que tu es fixé sur mon état de santé, j'ai un clafouti à préparer. Rien que d'en parler j'en ai mal au ventre de ne pas pouvoir en manger.
Mais un détail minuscule, m'échappe et me chiffonne. Attends un instant. Je retourne dans ma cuisine, hâtif, croise les bras devant mon plan de travail et fixe les ingrédients que j'ai préparé. Enfin, que j'ai acheté, j'ai pris un peu de tout ce qu'on me conseillait. De la farine, du sucre, des œufs, de la vanille, de la fleur d'oranger. Du safran et de la cannelle, des amandes, du chocolat, de la crème et du sucre vanillé.  Des cerises, beaucoup de cerises et d'autres ingrédients dont le nom m'échappe, maintenant. Et des ustensiles tous neufs et mystérieux dont les noms m'échappent encore plus effectivement.  Peut-être que le vendeur m'a un peu arnaqué et qu'il m'a trop fait acheté.
J'attrape un tablier - plus ou moins simple à enfiler, l'étiquette encore accrochée pour revenir devant ma porte et soupirer. « En réalité je ne sais même pas en cuisiner un seul est-ce que toi tu saurais?» Entre lui demander ou demander à ma mère, il me semble que c'est le choix particulièrement parfait. Le chien n'entrera pas. Par contre.
 
Mon voisin le stalker ∅ Arsen
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Mon voisin le stalker ∅ Arsen
» Voisin Du Dessin (VDD)
» Le voisin du dessous
» Mon voisin du dessus [RP VERSION]
» Mon voisin du dessus
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Happy Pills :: New Haven :: Chapel Street :: Appartements et maisons-
Sauter vers: