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“ocean of f(t)ears”

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Messages : 70
Date d'inscription : 12/03/2017
Nikoline C. Walsh
bleu
avatar



nikoline
  • NOM COMPLET▹ nikoline ciana walsh
  • AGE▹ vingt-trois — 20 octobre 2008
  • SITUATION FAMILIALE▹ forever alone ▪ fille unique
  • OCCUPATION▹ pianiste à the orchid et compositrice à ses heures perdues
  • PROVENANCE▹ oc ▪ guweiz — irl: taylor lashae
  • MISC
    ne sait pas faire du vélo ▪ joue d'un peu de guitare ▪ dextérité et mobilité de la main droite fortement réduite dû à plusieurs lésions survenues lors d'un accident en voiture ▪ passe-temps préféré : se morfondre dans un emocorner en s'intoxicant d'une moyenne de une clope/5min ▪ possède un chat noir nommé Lucifer dont la passion première réside dans le fait de faire ses griffes sur le canap' à 500€.

  • HI PPLça faisait un bail ((une semaine et demie)) que je stalkais. /psycho du coup, j'ai pas réussi à tenir trop longtemps et. here i am. surtout que j'adore les couleurs pastels. et vos smileys aussi bc han, so much cuteness. puis vos personnages sont tous aussi badass les uns que les autres et et et.

    bref, vous êtes flawless.


BLUE PILL


Elle avait fait le mauvais choix.

Pas celui de choisir entre la rouge et la bleue, non. Juste celui d’en prendre une. Elle aurait pu s’émanciper de cette rencontre inopinée, choisir de ne pas se soumettre à la demande implicite. Mais sous la lumière blafarde et fébrile du lampadaire gisant au dessus de son crâne, dans cette rue enténébrée par la nuit, une petite voix vint lui chuchoter de s’exécuter brièvement afin de déguerpir, tout aussi rapidement. Alors elle avait fait le choix : la bleue. Pour des raisons obscures, peut-être futiles ; elle n’en savait rien. Elle l'avait juste fait, point final.

Ou presque.

Au départ, il n’y avait rien.
Et il n’y avait rien, car r i e n ne s’était passé.
La pilule ingurgitée n’avait pas eu de conséquences notables sur son corps, ou même son esprit.
Alors elle oublia, car le temps passa.

Sauf que.

La musique prit une tournure décadente.
C’était au premier abord abstrait, indistinct, vaporeux. Ne se manifestaient qu’éclosions, parcelles de notes, indépendantes et isolées des unes et des autres : le fracas d’une bouteille au sol tonnant en un auguste accord — ré majeur peut-être ? —, le grincement d’une porte se décomposant en sol mineur, le klaxon des voitures se présentant en do majeur septième. Il lui arrivait autrefois de décliner le monde en notes de musique, mais jamais avec autant de justesse. Cela la prit alors de court, car s’offrait à elle une maudite offrande : celle d’une pénible frénésie de s’en exécuter constamment, inconsciemment — et tout cela déposé sur un pupitre en or.

Mais s’arrêter à peine la préface ouverte était bien trop beau, bien trop lisse. C'est ainsi que déferla les premières pages de la partition, en allegro. Parasites sonores, dont l’existence ne parvenait à être annihilée, s’insinuèrent parmi les pensées où la réflexion ne pouvait plus être entendue. Instant méprisable où tout bascula, et pour de bon.

Des successions de sons s’écrasaient en crescendo dans la boîte crânienne, sans aucune possibilité de turn-off. Et rien de plus insupportable que de ne savoir où tendre la main pour mettre fin à ces leitmotivs cauchemardesques ; rien de plus détestable que de ne savoir le nom de ces gazouillis assommants ! Toute cette mascarade semblait n’être que bouffonneries d’Euterpe, chez qui l’humour paraissait grinçant et acerbe.

Une terrible farce, voilà tout. De mauvais goût de surcroît.

Pourtant, Nikoline ne pouvait continuer à rugir bien longtemps devant ces musicalités nébuleuses, force de constater qu’elles en étaient divines et somptueuses, teintées d’une singularité irradiante, porteuses d’une étincelle malicieuse qui se bornaient à lui susurrer au creux de l’oreille joue-moi, Ô oui joue-moi, je sais que t’en crèves d’envie. Véridique et incontestable, cependant impossible. Plus maintenant — jamais. Voilà où résidait la cruauté de ce don, ou qu’importe le nom qu’on lui attribuait, c’était tout simplement mesquin, vil, douloureux. Et la parade de ces mélodies se faisant de plus en plus oppressante, la misérable ne tarda à abdiquer, couchant sur papier ce qu’elle ne pouvait retranscrire au piano. C’était la moindre des choses à faire, à défaut de ne plus arriver à rien.

C'était ça ou l'absence du silence pendant une période indéterminée.
C'était ça ou une obsession féroce qui viendrait à bout de sa patience et la rendrait sénile à peine la trentaine effleurée.

Elle avait le mauvais choix, cela était irréfutable.


ASHTREY HEART


nikoline c’est les sourires mutins mais le regard éteint nikoline c’est les éphélides parsemant les joues et le violacé s’incrustant sous les paupières nikoline c’est les pensées qui virevoltent mais qui s’en viennent crever à la surface, les mots qui sur ses lèvres se
f r a c a s s e n t

et nikoline c’est l’euphorie évanescente d’un psychotrope ; overdose d’un trop plein blues d’un rien excès qui borde abcès qui déborde c’est la recherche d’un entre-deux de ce juste milieu où pourront se réfugier sa tête qu’elle n’a plus et ses aveux qui s’encrassent s’entassent ; crevasses carcasses à n’en plus savoir quoi en foutre mais dont elle s’accoutre avec médiocrité, morbide pulsion qu’elle ne saurait balayer, effacer car devenue partie intégrante de son existence.

nikoline, c’est la teinte blafarde de l'épiderme, la chevelure éparse et mal-coiffée, les trous de clope étoilant les habits, l’injection intraveineuse quotidienne conduisant au spleen de
m i n u i t

et nikoline c’est la recherche constante de réponses, c’est cette course effrénée contre leur absence et leur silence ; la peur au ventre de se dire qu’elles n’existent peut-être pas et qu’elles n’ont jamais existé. c’est cette obsession de refaire le monde avec des et si, cette conviction que les regrets peuvent s’effacer si l’on s’efforce d’y penser, continuellement. nikoline c’est les doutes et les craintes qui s’engraissent mutuellement dans le cœur, créant gangrène ne demandant qu’à être propagée dans l’esprit ; c’est la nuisance mémorielle de n’être ratée, imposture de bas-étage dont l’existence ne parvient même plus à atteindre le stade de la vaste blague.

c’est aussi le sentiment de ne pas être à sa place, de voguer sans fin entre les fils barbelés de la société et de marcher sur la pointe des pieds. c’est l'hésitation pleutre grondant dans les entrailles de ne pas être assez, ou peut-être trop. mais pas assez de quoi, au juste ? et trop pour quoi, au final ? elle ne le saurait même pas à vrai dire, l'encéphale borné à vivre à travers les autres et jamais pour soi-même. c’est ce fantasme illusoire de penser être paria — le vouloir de toutes ses forces — pendant que des lianes corrosives la maintiennent fermement à sa place dans cette structure sociale, là où elle devrait exactement être. c’est ce rêve d’un ailleurs alors qu’il n’y a à peine la place pour un ici.

et nikoline, au final, c’est un enchevêtrement de fausses notes au sein d’une symphonie parfaite.


ANGEL IN DISGRACE

love is like a sin my love, for the ones that feel it the most

Chaque soir, il ramenait une femme différente.

Car Elle lui manquait. Car il était faible. Car il était seul. Il ne pouvait s’imaginer passer la soirée sans une présence féminine venant le border durant son sommeil. C’était devenu mécanique. Triste histoire, triste à voir.

Elles étaient souvent brunes aux cheveux mi-longs, dotées de prunelles de la même couleur et mesurant environ un mètre soixante-huit. Il fallait également qu’elles aient une corpulence fine, sinon ça n’allait pas. En réalité, ça n’allait jamais car elles n’étaient pas Elle. Cependant, lorsqu’il fermait les yeux et venait se perdre dans les lignes de leur corps, l’illusion était là. Alors il faisait avec, jouant l’aveugle.

Elle était la desiderata inatteignable qu’il ne pourrait plus avoir. Plus toucher, sentir, voir rire ; tenir la main, caresser la peau, embrasser.

Car Elle n’était plus là.

C’était comme si un poids l’avait affligé toute sa vie durant, tel l’albatros du Vieux Marin ou le rocher de Sisyphe, pour s’évaporer subitement sans bruit

Il avait fini par la rejoindre.

« Il faisait beau, ce jour-là. » qu’on lui avait rapporté. « Les oiseaux chantaient, un bleu azur pourfendait le ciel. » qu’on continuait. « Il semblait s’être remis de la mort de sa femme. Personne ne s’attendait à une telle tragédie. » qu’on acheva.

Il ne pipa mot et se contenta de poser un regard sur leur progéniture. Frêle, mais surtout jeune. Ils l’avaient baptisé Nikoline. Elle avait toujours eu un amour fou pour les prénoms curieux, qu’il s’étonna à penser. Une esquisse de sourire se forma sur les lèvres scellées et, instinctivement, sa main droite vint éloigner quelques gouttes salées qui avaient osées s’affranchir.

Il n’en revenait toujours pas qu’Elle était partie. Il s’en souvenait encore comme si cela ne datait que d’hier. Les cris, les pleurs, la dispute. La porte qui claque et engloutit pour la dernière fois sa silhouette dans l’obscurité de la nuit. Elle était partie le rejoindre, pour vivre son amour loin de cette demeure pourrie jusqu’à la moelle. Il ne saurait dire si Elle avait fait le bon choix en s’opposant à Pater, mais il osait espérer qu’Elle avait bien vécu, qu’Elle avait pu atteindre le bonheur qu’elle recherchait.

Elle avait coupé les ponts avec la Famille, d’ailleurs, sauf avec lui. Il se demandait encore aujourd'hui si cette attention était méritée.

Il lui arrivait parfois de recevoir des coups de fil, des cartes pour le Nouvel An ou même son anniversaire, qui s’accompagnaient parfois de quelques photographies. La plus marquante était celle où on l’observait bercer Nikoline, qui n’était à l’époque qu’un simple nourrisson. Son mari se tenait à sa gauche, le bras sur son épaule.

Ils souriaient.

La musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée

Il y avait un Bösendorfer majestueux, au milieu du salon. Il surplombait la pièce, de son élégance. On pouvait apercevoir des motifs de papillons et une branche fleurie à l’intérieur du couvercle. Dans l’imagination de la petite fille, rien n’était plus merveilleux que de croire à un piano enchanté ; magique. Elle se murmurait tout bas mille contes sur ces Lepidoptera venant d’un autre monde et qui semblaient prendre vie lorsque Camille commençait à jouer.

Nikoline était avide de cette magie ; celle de pouvoir étreindre les coeurs et panser les plaies. Transmettre. C’était le mot.

Assise sur ses genoux, les doigts boudinés vinrent à la rencontre de ces touches blanches et noires, pas à pas. Comme une chose précieuse qui pourrait s’effondrer au moindre geste brusque, elle n’osait souiller l’instrument de son ignorance. Alors Camille lui désigna d’une voix douce chaque nom que le monde avait attribué à chacun de ces sons. Car des sons, il y en avait tellement ! La petite fille se perdait dans les désignations et les notes, mais chaque détonation lui arrachait un sourire et un rire cristallin.

je suis comme le silence, invisible mais encombrante

Camille ne lui disait rien. Camille ne voulait rien lui dire. Systématiquement, il répondait par un sourire complaisant qui lui consignait implicitement d’arrêter, voire pire : se taire. Il ne souhaitait jamais aborder le sujet, qu’on soit le matin, l’après-midi ou encore le soir. C’était insupportable et bas de sa part. Elle avait droit à des réponses.

Lorsque la frustration pointait le bout de son nez — ce qui arrivait bien trop souvent à son goût —, Nikoline déambulait dans les couloirs en traînant des pieds jusqu’à atterrir devant le Bösendorfer. Elle se hissait du mieux qu’elle le pouvait sur la banquette et une fois bien installée, elle entamait une quelconque musique pour décharger sa colère. Camille lui avait appris qu’il valait mieux se laisser porter par la musique que par les sentiments et que l’extériorisation valait mieux sur un instrument que sur une personne. Elle ne comprenait pas l'entièreté de ses propos, mais le conseil semblait sage. C’était donc devenu une habitude de retranscrire son émotion par le biais du piano.  

Elle entama alors Danse Morialta, doucement. La première fois qu’elle l’avait entendue, il était tard. Une nuit de printemps, où le pollen se manifestait en grande quantité, où les bourgeons se mettaient à éclore et où Camille pleurait en la jouant. Les larmes coulaient tel un ruisseau sur ses joues pendant que ses doigts continuaient à pianoter. Elle n’osait l’interrompre ni même se montrer, cachée derrière cette grande porte en bois. La candeur de son interprétation était nuancée par une mélancolie certaine et indéchiffrable. Camille avait le don de transparaître une fois assis sur cette banquette, à contrario de l'ordinaire et du quotidien, où il était insondable.

Elle s’était probablement endormie avant la fin étant donné que le lendemain matin, elle avait regagné son lit. Ou peut-être avait-elle tout simplement rêvé.

Nikoline s’arrêta promptement. Certaines de ses attitudes étaient réellement agaçantes, mais Camille était doux, gentil et drôle. Il s’occupait bien d’elle et se pliait à ses caprices d’enfant. Alors pourquoi refusait-il de lui dire où se trouvait papa et maman ? Pourquoi une telle résistance sur la question ? Quelle abominable vérité se cachait donc derrière ce silence ?

our lives are not our own. from womb to tomb, we are bound to others. past and present. and by each crime and every kindness, we birth our future.

Il appréhendait cette soirée. L’angoisse le rendait maladroit, lui faisant perdre sa splendeur habituelle. Il fallait comprendre la situation : Nikoline n'avait jamais eu de mère, et Julia d'enfant.

Il essuya rapidement ses mains moites sur son pantalon et tacha de leur offrir son meilleur sourire — du moins, le plus convaincant. Il était médiateur de cette rencontre, il n'avait pas droit à l'erreur. « Nikoline, je te présente Julia. On se.. fréquente depuis quelques mois déjà et je tenais à te la présenter comme il se doit. » Un éclat malicieux naquit dans les yeux de l'enfant. Il se préparait au pire. « Oh, c’est pour cette raison que tu rentrais si tard récemment ? »

Éclat de rire général — soupir pour sa part. Tout irait bien.

one word is sometimes enough

Une vraie famille : voilà ce qu’ils étaient.

Camille et Julia chantaient ad libitum joyeux anniversaire depuis déjà cinq minutes, malgré les protestations embarrassées de la concernée — bien qu’en réalité, elle était totalement euphorique de ce moment complice. Elle irradiait littéralement de bonheur ; jamais n’aurait-elle voulu que ce moment s’arrête.

Les deux adultes, finalement épuisés de leurs récents efforts, rejoignirent Nikoline à table. « N’oublie pas de faire un voeu, surtout. » Camille s’affaira par la suite à retirer les bougies et à découper le gâteau. « Alors ? » Elle releva la tête, le regard confus. « Quel était ton voeu ? » Fourchette en bouche, elle haussa des épaules et savoura avec lenteur son morceau de fraise. « Pas besoin. Vous êtes parfaits. »

Elle avança à tâtons, nerveuse. La vue obscurcie, elle se prenait les pieds dans les tapis, les hanches dans les coins de murs pendant que les deux autres faisaient de leur mieux pour étouffer leur hilarité grandissante. Une moue boudeuse se dessina sur le faciès de la jeune fille. « Je vous entends, vous savez. Très désagréable. » Julia lui retira enfin le bandeau.

Stupéfaction.

La bouche entrouverte, les yeux écarquillés, elle ne pipa mot durant de longues secondes. Devant elle se dressaient à présent deux pianos à queue ; l’un Bösendorfer et l’autre Steinway. C’était absurde, le premier modèle coûtait déjà une fortune ! Elle n’osait s’imaginer le prix du second qui devait également franchir les cinq chiffres. Camille était fou ; Julia l’étant d’autant plus que de l’avoir soutenu dans une tel achat. Cette dernière lui administra par ailleurs une légère tape à l’épaule, sourire mutin aux lèvres, pendant que l'Inconscient lui faisait signe de se rapprocher.

« Dois-je entamer Jupiter tout seul ou comptes-tu me faire part de ta présence ? J’ai toujours rêvé d'un duo avec toi. »

where do the bad folks go when they die? they don’t go to heaven where the angels fly

Camille était de ceux dont la vie avait déjà été tracée et écrite avant même sa naissance. Clotho, Lachésis et Atropos avaient probablement passé un contrat abominable avec Pater en échange d’une coquette somme, pour que sa vie soit si abjecte. C’était son modus operandi. Et dicté par des codes archaïques, son existence se limitait à subir celles des autres plutôt que de vivre sa propre histoire. Tout n’étaient qu’obligations et image à entretenir. Il tentait de garder la tête haute mais parfois, le fardeau était si lourd à porter qu’il se laissait plonger avec lui, faute d’être las et épuisé.

Il parcourut la pièce d’un regard circulaire. Nikoline ne rentrerait pas avant 18h et Julia était actuellement chez ses parents. A sa gauche se trouvait George, affalé à ses côtés sur le canapé, feuilletant un magazine, une Philip Morris en bouche. « Je t’ai répété mille fois de ne pas cloper chez moi. » La fumée venait lui frôler les doigts d’un mouvement sensuel, s’y entourant comme une caresse pour y déposer mille baisers. Elle disparaissait par la suite, dansante. Elle s’échappait dans l’air, sa fuite silencieuse sonnant comme un adieu bien qu'aussitôt, elle était remplacée par la prochaine. Et cela se répétait, inlassablement. Une s’envolait qu’une nouvelle revenait entreprendre le travail inachevé de la précédente.

Camille lui arracha un baiser, les pensées fiévreuses. Quelque chose le froissait pourtant : il aurait juré apercevoir Nikoline derrière la grande porte en bois. Ou peut-être avait-il rêvé ?

Ses doutes ne tardèrent à s’évanouir sous l’emprise du désir.

very much fuck titles

« Oh, Julia Walsh ! Toutes mes félicitations. Alors, un petit garçon ou une petite fille ?  »

Sourire normatif face à l’apostrophe inopinée. C’était Madame Richardt, une de nos voisines. Le commérage allait vite dans ce quartier ; pire que des vautours. Les vieilles dames n’avaient-elles pas autre chose à faire ? Oh, c’est vrai. Non, bien sûr que non. « On tient à garder cela secret pour l’instant. » Elle déblatérait à une vitesse hallucinante ; c’en était presque impressionnant pour son âge. Elle monologuait sur sa jeunesse, son expérience de vie, sur les aliments à éviter, sur les positions sexuelles qui facilitaient le coït pour les femmes enc--- mais de quoi je me mêle ? Je mis fin à cette discussion, prétextant un besoin pressant avant de m’engloutir dans l’allée.

La porte refermée, je pus enfin souffler. Je retrouvai Camille dans la cuisine, avalant des pilules Tetra3. « Nikoline n’est pas à la maison ? » Il fit non de la tête. « Chez une amie. Je ne la vois pas beaucoup, ces derniers temps. Tu crois qu’elle m’évite ? » Je lui répondis que c’était absurde. Nikoline adorait Camille. Pourquoi ferait-elle une chose pareille ? « Je me pose la même question. » Je clôturai la discussion en évoquant une possible crise d'adolescence. Il soupira.

« Et sinon, avec George ? Tout se passe bien ? » Il me lança un regard assassin.

la société ne peut fonctionner quand la dure lumière de la vérité illumine le visage blafard de l'humanité

Les humains ne semblaient n’être que de minuscules fourmis, du haut de ce balcon situé au sixième étage. Parasites geignards et bruyants, dont l’auto-suffisance ne cessait de déborder, criant à l’entraide seulement lorsque cela les concernait, ignorant complaintes et malheurs des autres lorsque le profit ne s’y trouvait pas.  Misérables créatures dont les terribles vices auront un jour raison de l’Humanité. Rire amer. « La sottise, l'erreur, le péché, la lésine, occupent nos esprits et travaillent nos corps, et nous alimentons nos aimables remords, comme les mendiants nourrissent leur vermine. nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ; nous nous faisons payer grassement nos aveux, et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux, croyant par de vils pleurs laver toutes nos tâches. »

Elle tendit le pied dans le vide et ferma les yeux. « Nana, qu’est-ce tu fous ? Nikoline Ciana Walsh, je te prie de descendre de cette balustrade illico presto. De quel droit penses-tu pouvoir la salir de tes horribles chaussures compensées ? » Elle tourna nonchalamment la tête. « Carpe Diem. » Il fronça des sourcils. « Remballe tes conneries, j’ai un truc à te montrer. »

Il brancha sa toute nouvelle acquisition à une enceinte et entama alors Four Sticks. Nikoline commença à doucement fredonner les paroles avant de se raviser. Elle débrancha la guitare électrique et le regarda droit dans les yeux. « C’est une mesure en ⅘, et non pas en une complètement asymétrique et désordonnée. Mais outre cette parjure, où t’as pu choper le temps d’apprendre du Led Zeppelin ? »

Nous sommes condamnés à cette perpétuelle solitude armant nos coeurs et nos âmes disloqués, impuissants face au malheur qui nous submerge

Tout n’était que mensonges et calomnies. Elle suffoquait.

Elle ne se sentait plus à sa place. Cela ne datait pas d’hier mais pour une raison obscure, aujourd’hui le mal-être transparaissait plus que d’ordinaire. Peut-être à cause de ce gosse qui n’est peut-être même pas le leur ou encore peut-être à cause de cette image de famille parfaite qu’ils renvoyaient. Car il y avait Camille, Julia, l’enfant.

Et Nikoline.

Imposteur dans le tableau, erratum disgracieux dans l’arbre généalogique qu’il fallait à tout prix barrer d’un feutre rouge indélébile. L’âme voguait entre des eaux troubles, ne sachant où se diriger, l’impression d’être prise au piège ancrée au fer rouge dans le coeur. Le regard absent, elle participait faiblement à la conversation, répondant par des oui et des non, parfois un simple hm hm. L’esprit s’occupait à s’éclaircir les idées en observant le paysage brumeux à travers la vitre, en vain. « Nikoline, ça te dirait d’aller manger à ton restaurant préféré avant d'aller chez Grand-Mère ? » Elle lui accorda une oeillade distraite. « Julia, tu savais que Camille te trompait depuis déjà des années avec George ? » La concernée parut momentanément surprise, avant de souffler une réponse positive, étouffée par un léger rire gêné. Camille, lui, se terra dans un silence mortuaire. « Et ça ne te fait rien ? Ca ne te brusque pas de savoir que ton mari, que ta famille ne sont que simulacres ? Que tout cela ne soient que conneries dans le vent ? Ô Camille ne te--- » Une lueur empreinte d’un éclat incandescent brûlait le fond de ses pupilles. « Ne te quoi ? Ne t’emmêle pas ? Ce sont des problèmes qui concernent Julia et moi. C’est plutôt à toi de t’aviser de faire la morale car ce ne sont pas tes affaires, Nikoline. » Elle se pencha en avant. « Oh, c’est vrai. J’avais presque oublié. Tu n’es pas mon père et elle n’est pas ma mère ; vous n’êtes pas ma famille. Je ne suis que cette chose encombrante que tu te trimballes depuis 15 ans pour une raison que tu refuses de me dévoiler, car tu ne daignes également me confier ce qu’il est advenu de mes parents. Mais ça encore, tu vas me dire que c’est une autre his--- LA ROUTE ! »

What happened to the soul that you used to be?

Thomas allait bien.

Julia était dans le coma.

Camille était mort.

searching for something that I can't reach

Une enveloppe était posée sur la banquette de Camille.

« JE NE SAIS PLUS, JE ME DIS QUE CE N'EST QU'UNE PHASE, MAIS LES JOURS PASSENT, LES JOURS SE SUCCÈDENT SANS QUE JE N'ARRIVE À COMBLER CE TROU NOIR AU FOND DE MOI. CE TROU IMMENSE, QUI DÉVORE TOUT CE QUI PASSE, QUI ME BRÛLE ET ME DÉVORE L'ÂME. JE N'Y ARRIVE PAS, J'ESSAIE POURTANT, J'ESSAIE DE TOUTES MES FORCES, MAIS ÇA NE VEUT TOUT SIMPLEMENT PAS PARTIR. ÇA NE VEUT PAS ME LÂCHER, ÇA ME SUIS, PARTOUT OÙ QUE J'AILLE, ME TRAQUANT SANS RELÂCHE. J'ESSAIE DE SOURIRE, COMME TU ME LE DIS SI BIEN, DE PROFITER DE LA VIE, J'ESSAIE VRAIMENT TU SAIS, DE PENSER À AUTRE CHOSE, DE ME DIRE QUE TOUT VA BIEN, MAIS QUELQUE PART, ON ME RÉPÈTE QUE C'EST FAUX, QUELQUE PART ON ME MURMURE QUE JE NE SUIS QUE BONNE À RIEN, QUELQUE PART ON ME SUSURRE AU CREUX DE MON OREILLE QUE C'EST INUTILE, QUE TOUT MES EFFORTS SONT VAINS ET QUE CAPITULER SERAIT LA MEILLEURE DÉCISION QUE JE POURRAIS PRENDRE. ET DES FOIS, JE NE SAIS PLUS, JE ME DIS QUE CE N'EST QU'UNE PHASE, MAIS LES JOURS PASSENT, ILS TRÉPASSENT ET TOUT CA ME DÉPASSE.

JE SUIS DÉSOLÉE JULIA, JE SUIS SI DÉSOLÉE JULIA. Ô J'ESPÈRE QU'UN JOUR TU ME PARDONNERAS. »


BY MITZI


Messages : 182
Date d'inscription : 12/03/2017
Adelbert Zimmermann
rouge
avatar
De base, j'étais en admiration sur ton avatar avec cet effet "noir et blanc" comme dans une télé cassée passée à la HD. Mais ce début de fiche donne tellement l'eau à la bouche ! Et ton vocabulaire est si bien choisi, haaa ! Et une pianiste, qui plus est. J'approuve. ♥

(tqt, y'a aucune honte de ne pas savoir faire du vélo. Moi, c'est les lacets que je sais pas faire. Et je galère à lire l'heure pas digitale).
Messages : 165
Date d'inscription : 03/03/2017
Sakura Aoki
rouge
avatar
Mer 22 Mar - 16:46Sakura Aoki
rouge
Prrrrrr. On s'est déjà vus sur la CB mais je tenais à spammer cette fiche.

Déjà, ta façon d'écrire, parfois les virgules manquent, mais ça donne un effet qui je pense correspond bien à Nikoline. On est à bout de souffle en la lisant, on s'emmêle et je crois que c'est elle tout crachée qui court sans s'arrêter et s'embrouille, et je. Wow. ♥️ Je n'ai jamais eu l'occasion de te dire que ton avatar est magnifique aussi et sa pilule bleue, hiiii. J'aime tellement, je veux voir son monde en notes de musique.

Je te souhaite bon courage pour ton histoire, je gage qu'elle saura nous tenir en haleine elle aussi. kiss
Messages : 171
Date d'inscription : 26/02/2017
Indiana A. Jones
bleu
avatar
Je sais pas comment j'ai fait pour rater cette fiche. C'est si bien écrit ♥♥♥
Nikoline ça me fait penser à nicotine et c'est vrai que y'a un petit côté drogue douce dans cette fiche. J'aime beaucoup beaucoup.
(Et bien sûr j'aime et j'approuve ta pilule et ton choix de groupe *MEURT*)

Bref bienvenue officiellement et bon courage pour la fin de ta fiche !
Messages : 70
Date d'inscription : 12/03/2017
Nikoline C. Walsh
bleu
avatar
tant de douceur en vous jpp cry merci pour tous vos compliments et gngngngn  panic //blush
jvm ♥️♥️

BREF. VOILA. JE LE CRIE HAUT ET FORT : CETTE FICHE EST DÉSORMAIS FINIE. coeur
Messages : 234
Date d'inscription : 21/02/2017
Localisation : Chapel Street
Arsen B. Eastwood
bleu
avatar
BIENVENUE Joli désastre
Ou du moins, la vie de ton personnage est un désastre. Celui qui envoûte, qui fait croire que tout va bien quand en fait tout va mal. C’est difficile de vivre sans savoir, de vivre avec le désespoir que tout est un mensonge, ça prend aux tripes, là aussi et je sais pas pourquoi vous voulez me faire tous mourir… Mais je suis morte en lisant l’histoire et j’ai vraiment adoré. La succession de bonheur et de malaise, j’ai aimé lire cette famille éclater, même si au fond de moi j’avais l’espoir que cela se termine bien avec des explications pour tout le monde… Mais là encore ce serait trop beau sob . Nikoline m’a envoûté parce que les mélodies que tu nous esquisses sont belles, même si parfois elles sont dissonantes ou trop mineures. J’aime beaucoup la capacité, j’aime aussi la façon tout est surlignée de références musicales, je meurs ok, je meurs littéralement d’amour pour ce personnage ((et nos personnages vont bien s’entendre jpp))

Petite précision: Les lésions de la main de Nikoline vont finir par se guérir après la prise de la pilule!

Voilà moi je n’ai rien d’autre à dire, parce que c’ était beau ok, ça m’a fait tout ressentir, du pire comme le meilleur et j’ai adoré c’est tout.

Toutes mes félicitations tu rejoins le hall des plus bgs. Tu peux donc aller recenser ton avatar  ICI, ton irl ICI, ton don par là et pourquoi pas créer ta fiche de lien par là. Et le plus important tu peux désormais crâner devant tous les roses non-validés du coin (& leur donner envie de faire leur fiche) et aller RP et faire une demande ici Suffit de commencer un nouveau sujet et de remplir le formulaire.
 DES BISOUS ♥️
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ocean of f(t)ears
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