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“C'est l'histoire d'un mec qui entre dans un bar... ∅ Katherine”

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Indiana A. Jones
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 C'est l'histoire d'un mec... ft. Katherine C.


C'est l'histoire d'un mec qui entre dans un bar... mais c'était pas pour boire. L'arrière-goût de la bière amère accrochée au palais et la langue pâteuse témoignaient d'une bonne vieille cuite des familles. Elle courbaturait son dos et alourdissait sensiblement son pas, et pourtant il s'était levé et traîné dehors ; en plein jour. Ce mec, c'était Indiana. Ses paupières brûlaient, il n'avait plus mal au crâne mais subissait quelques pertes de mémoire. Cela ne pouvait signifier que deux choses : soit il était frappé par un effet secondaire de sa pilule bien chiant, au plus mauvais moment, soit il avait mal évalué la situation quand il avait appelé Katherine hier soir et lui avait assuré que, oh, on a juste bu un tout petit peu hein. Votre fils a failli décrocher un feu de signalisation mais à part ça on était très très sobres.

Troisième possibilité : il avait fini sa soirée ailleurs après avoir escorté Mathéo au bureau du shérif, et ça avait sûrement été une très bonne soirée, sauf qu'il ne se souvenait de rien alors c'était pas la peine de s'y attarder.

Le simple fait qu'il ait réussi à se traîner dehors dans ces conditions relevait du miracle, ou peut-être de l'instinct de conservation. Qu'on soit bien d'accord, il n'avait pas peur de la mère de son ami, il voulait juste s'assurer que c'était cool entre eux parce qu'elle tenait un coin sympa et il ne voulait pas se retrouver sur sa liste noire avant même d'être légalement en mesure d'en profiter. C'était bien sûr la seule raison qui l'amenait à pousser les portes du pub, à une heure pas trop tardive il faut le dire. Juste avant l'apéro. Mais Indiana essayait de ne pas trop penser "apéro". Il entra donc dans le bar et se dirigea instantanément vers le comptoir, où il posa nonchalamment un coude parce que gueule de bois ou pas il fallait la jouer cool. Il chercha du regard la propriétaire et la héla avec un grand sourire :
"Heeeey je peux avoir un jus de pamplemousse ?"
C'était la première fois qu'il demandait ça, mais pas la première fois qu'on le lui servait. Disons que toutes ses tentatives pour commander de l'alcool se finissaient toujours de la même manière : par Indy qui essayait de négocier "une goutte de rhum dans mon jus", sans succès. Cette fois il était très au clair sur ce qu'il avait le droit de commander ou pas, en fait c'était un peu sa façon de dire qu'il venait en paix.

Il se frotta les yeux alors que des distances bizarres commençaient à se calculer toutes seules dans sa tête pour évaluer la qualité mathématique du mobilier, se mélangeaient à la circonférence d'un verre et menaçaient de ramener en courant la migraine qu'il avait chassée à coup de pilule analgésique.

Il n'aimait même pas le pamplemousse.

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Katherine Cavalcante
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C'est l'histoire d'un mec qui entre dans un bar ...
... Et qui voulait du jus de pamplemousse.
Indiana
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Katherine
Le visage de Mathéo. Une moue. Un froncement de sourcil. Une lueur dans le regard. Un soupir. L'agacement. La colère. Et cette pointe de dégout. Pourquoi faut-il que tu me détestes autant ?

"Rien de grave je gère. (…) Manu, c'est pas le moment de parler de ça … (…) Oui, il est avec moi, on est en route. (…) D'accord. A tout de suite.". C'était devenu douloureux. Douloureux d'entendre sa voix, de voir son visage et encore plus de partir. Un trajet silencieux, Kath n'avait rien oser dire. Mathéo ne la regardait pas. La voiture n'était pas encore immobile qu'il détachait sa ceinture et ouvrait la portière pour rentrer à la maison. Manu attendait sur le pas de la porte, la chemise froissée et le teint fatigué. Kath sort à son tour, il lui tends une cigarette puis rapproche la flamme du briquet.

"C'est la troisième fois cette semaine." Je sais Manu. "Si tu n'étais pas partie, peut être .." Ne dis pas ça. Je t'en supplie, ne partons pas encore sur cette pente glissante qu'est notre séparation. Arrête. "Tu devrais peut être essayer de lui parler ?" Comme si j'avais pas essayer. Mais dis-le. Dis le une bonne fois pour toute. Dis que je suis une mauvaise mère, qu'on en finisse. C'est gravé sur ta gueule putain.  

Andrea était debout. Il a embrassé sa mère avant d'aller dormir. Eva n'était pas à la maison, évidemment. Et quand bien même elle l'aurait été, elle ne se serait probablement pas donné la peine de saluer sa génitrice. Kath n'est restée que dix minutes, tout au plus. Manu a fermé la porte derrière lui et elle, elle est restée dans sa voiture. Et les larmes ont coulé, comme à chaque fois.

Andrea. 8h43. "Je viendrais te voir ce week-end, on regardera la saison 3 de Devious Maid, je sais que tu l'adores. ;)". Kath s'est réveillée en lisant ce message. Un sourire. Des trois, c'était probablement le seul qui se préoccupait d'elle. Et c'est avec cette légèreté que Kath débuta sa journée. 9h00. Footing dans le quartier, une petite pilule goût céréales pour la route. 10h23. Sms de Manu qui s'excuse. Comme toujours. Elle ne répondra pas. 11h06. Retour au studio, une bonne douche froide. 11h39. Un ou deux épisodes de GIRLS. 14h12. Kath se rends au GodFather pour faire l'ouverture. Les employés arrivent, elle reste dans son bureau un moment puis fait une ronde. Elle reste derrière le bar, essayant de s'occuper l'esprit.

Plus tard dans la journée, un visage familier fait son entrée. Il s'installe au bar, et elle lui sert son jus. Elle s'accoude face à lui, le regarde dans les yeux.

" Indiana Anthony Jones. Que me vaut l'honneur de ta visite ? Tu viens t'assurer que Mathéo est toujours en vie ?"

Elle sourit et glisse une cigarette entre ses lèvres, jetant un œil au pub qui est encore calme à cette heure de la journée. Elle rapproche le briquet en appuyant frénétiquement jusqu'à ce qu'il dégage une petite flamme pour allumer sa clope. Une bouffée. Deux. Ca va mieux. La fumée s'échappe de sa bouche pour s'élever jusqu'au plafond.  

Elle l'aimait bien, ce garçon. Il n'était pas comme tous ces abrutis avec qui Mathéo trainait après les cours. Même si c'était pas le meilleur exemple, elle savait qu'il n'avait pas un mauvais fond. Et les effets de cette pilule ne faisait que lui confirmer ses intuitions.

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Indiana A. Jones
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 C'est l'histoire d'un mec... ft. Katherine C.

Pas trop de clients aux alentours, Indiana pouvait s'asseoir et boire son verre avec dignité tout en rêvant d'une boisson un peu plus virile. Même si tout ce dont il avait envie juste là c'était d'un soda. Il retint une grimace quand l'amertume de l'agrume glissa sur sa langue, il avait besoin de boire quelque chose de frais au final et peut-être que le jus de pamplemousse lui remettrait les idées en place. Il se dandina légèrement sur le tabouret lorsque Katherine le salua de son prénom entier, c'était un truc de maman un peu d'appeler ses enfants comme ça quand on s'apprêtait à les engueuler, non ? Heureusement qu'Indy n'était pas son fils, ça devrait bien se passer. Il cligna des yeux, les paupières encore douloureuses. C'était plus la lumière du jour, alors quoi ?
"Ouais, un peu. Je pensais qu'il allait m'engueuler mais j'ai pas de nouvelles depuis hier soir." L'aveu lui arracha une grimace qu'il accompagna d'un haussement d'épaules pour chasser le malaise : "Il est peut-être plus vexé que je le pensais."
Si Indy était honnête avec lui-même, il devait avouer que lui aussi il ferait la gueule si un pote appelait genre sa grand-mère pour venir le chercher au bureau du shérif. Surtout qu'il n'ignorait pas la relation difficile que Mathéo entretenait avec sa mère. Mais bon Indy avait pas le numéro de son père, il aurait pu demander ouais mais... Peut-être qu'il avait envie d'appeler Katherine même s'il savait que ça allait emmerder Mathéo, tiens. Peut-être qu'il avait envie de l'emmerder, Mathéo.
Il savait pas trop.
Il but une gorgée de pamplemousse pour se cacher et ajouta, en regardant ailleurs :
"Désolé pour ce qu'il s'est passé."
C'était pas à lui de dire ça, c'était pas sa faute si les flics avaient débarqué et c'était même pas son idée de voler un truc en pleine rue comme ça ; Indy ne s'excusait pas pour lui mais pour Mathéo, parce qu'il savait très bien que ce crétin n'allait jamais le faire. Se connaissant, il ne l'aurait pas fait non plus s'il avait été dans sa situation – malgré le nombre incalculable de conneries qu'il avait pu faire dans sa vie, il pouvait compter sur une main les rares occasions où il s'était excusé auprès de sa grand-mère. Mais Katherine n'était pas ni sa mère ni sa grand-mère. À sa place, Indy aurait bien aimé qu'on s'excuse pour le dérangement, il s'imaginait mal traverser la ville à une heure indécente pour venir chercher son fils bourré chez les flics.
Ou peut-être que si, peut-être qu'il s'imaginait parfaitement dans cette situation, peut-être qu'il savait très bien qu'il serait le genre de père à être au taquet en cas de problème, et peut-être que ça lui faisait tellement chier qu'il compatissait.

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Katherine Cavalcante
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C'est l'histoire d'un mec qui entre dans un bar ...
... Et qui voulait du jus de pamplemousse.
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Katherine
Le Pamplemousse. Sa couleur rose et son goût spécial. Tous les samedis matins, il y a une dizaine d'années, la Famille Cavalcante Puzzo avait le droit une carafe de jus de pamplemousse. C'était le fruit préféré de Mathéo.  

Elle le voyait, qu'il n'aimait pas ça. Elle voyait sa moue, ce petit tremblement de lèvres qui montre le dégoût, ses traits légèrement crispés, histoire qu'elle ne remarque pas qu'il faisait semblant d'aller bien. Elle sourit. C'était attendrissant, cette manière qu'il avait d'accepter ce qu'elle lui donnait sans protester. Faisait-elle si peur que ça ? Probablement. Mais pas assez pour que Mathéo l'écoute. Elle ne peut s'empêcher de ricaner doucement quand Indiana lui parle du silence de son fils. Elle hausse les épaules.

"J'imagine qu'il s'est disputé avec son père. Enfin "disputé", avec Manu, ça devait plutôt être un semblant de discussion sérieuse ou une connerie du genre."

Elle reprend nerveusement sa cigarette. Manu était comme ça. Il ne savait pas gronder ses enfants. Elle pouvait le comprendre, c'était dans sa nature de favoriser la discussion à la réprimande. Mais Mathéo n'était pas réceptif à ce genre de chose. Et le pire, c'est que Manu accusait le départ de Kath. Mais que pouvait-elle faire ? Elle n'allait pas faire semblant juste pour le rendre plus crédible aux yeux de leurs enfants. Enfin bon. Elle écrase sa cigarette en soupirant.  

"Mathéo est comme ça. Il boude un peu mais je pense qu'il compte plus sur toi qu'il ne veut l'avouer. Je sais pas. J'ai du mal à le suivre, parfois. Andrea est beaucoup plus docile dans son genre."

Après tout, quand le lycée appelait parce qu'un de ses enfants avaient tabassé un élève, elle ne pensait pas directement à Andrea. Et à chaque fois qu'elle avait essayé de discuter avec Mathéo, elle avait toujours eut le droit à ce regard. Le regard de Mathéo était sa plus grande faiblesse. Et ça lui brisait un peu plus le cœur à chaque coup d'œil.

"Désolé". Elle lève les yeux vers Indiana. Elle sourit amèrement. Elle avait presque envie de pleurer. Pourquoi ? Parce que c'était le seul mot qu'elle n'arrivait pas à dire et que Mathéo n'arrivait pas à lui adresser. Ce n'était pas à Indy de le faire. Et ça la rendait tellement triste. Elle lui sourit et piquant un soda derrière le bar, vient retrouver Indiana de l'autre côté de comptoir. Elle déposa la canette à côté de lui puis lui caresse le haut de la tête avec cette expression un peu gêné.  

"T'es mignon, Indiana. C'est gentil."

Des marques d'affections comme ça, elle en donnait rarement mais Kath considérait que le petit Indy le méritait bien. Elle se racla la gorge avant de s’asseoir à côté de l'adolescent. Elle avait parfois ces réflexes de mère, toucher les plus jeunes quand ils faisaient de bonnes choses, avoir ce ton moralisateur devant les gens qui faisaient des bêtises. Bref, Kathy était une mère, quoi.


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Indiana A. Jones
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 C'est l'histoire d'un mec... ft. Katherine C.

La moue incommodée par l'acidité trembla et lâcha un ricanement, un petit rire soufflé incontrôlé dans le genre à lui attirer des ennuis en face de la mauvaise personne. Heureusement, Indiana était assis devant Katherine et la moquerie n'était pas dirigée contre elle. Plutôt contre son fils. Qui aime bien châtie bien.
"Je vois le genre... c'est vous qui faites le méchant flic alors ?"
C'était pas dit méchamment ou comme une critique, au contraire, ça le faisait marrer d'imaginer Mathéo se faire engueuler à la fois par son père – enfin... "engueuler", voilà – et par sa mère. Il compatissait aussi parce que autant Indiana n'avait jamais eu droit à des "discussions sérieuses ou une connerie du genre" de la part d'un parent, autant les engueulades qui te remettent bien à ta place étaient le quotidien de sa grand-mère jusqu'à très récemment. Indy était pas du genre à baisser les yeux et pourtant il pouvait vous dire que face à Mamie Jones il faisait pas le mariole. C'était peut-être d'elle que lui venait sa capacité à ne jamais fermer sa gueule... Oui, c'était même plus que probable.
Indy regarda d’un air distrait la fumée s’échapper de la cigarette de Katherine. Son esprit transformait les volutes gris en arabesques magnifiques. Elle écrasa sa cigarette :
"Mathéo est comme ça. Il boude un peu mais je pense qu'il compte plus sur toi qu'il ne veut l'avouer. Je sais pas. J'ai du mal à le suivre, parfois. Andrea est beaucoup plus docile dans son genre."
Indy s'arrêta un instant sur l'aveu de faiblesse. Les adultes disaient toujours qu'en tant que parent, la période la plus difficile à gérer était l'adolescence parce que "ils ne comprenaient plus leurs enfants". Mais les enfants disaient grosso-modo la même chose. Y'avait un sérieux problème de communication des deux côtés mais on préférait souvent attendre que ça passe. "Ouais, mon gosse est insupportable, mais c'est l'âge bête." "J'ai hâte qu'il soit plus vieux pour qu'on ait des discussions d'adultes." (Indy avait entendu ça un jour. Pas dans la bouche de sa grand-mère, cette dernière étant aussi immature que lui question communication, efforts et mauvaise foi. La génétique.) Il ne savait pas trop quoi dire alors il grimaça. Il n'était pas le mieux placé pour critiquer ça. Et puis y'avait Andrea, l'autre fils de Katherine.
"C'est marrant qu'ils soient tellement différents..." parce que ce sont des triplés et tout. C'était peut-être un peu bête comme réflexion. Il laissa le sous-entendu en suspens et ajouta : "Math parle pas tellement de ses frangins ou je me trompe ? Andrea je m'en rappelle, parce qu'au début je croyais que c'était une fille. Euh. Sans offense. C'est un très joli prénom."
Il avait encore en tête la réplique du genre "ooh tu me présenteras ta sœur ?" et le ton blasé qui avait répondu : "C'est un mec." Plus tard il avait appris que Mathéo avait vraiment une sœur, mais il n'avait pas osé lui en parler. Il l'avait vue de loin et c'était pas du tout son genre. (Traduction : ils nageaient pas dans la même catégorie, il avait zéro chance.)

Une canette de soda se posa juste en face de lui et attira momentanément son attention, assez pour que les chiffres arrêtent de danser devant ses yeux, pour lui arracher un petit sourire – il aimait beaucoup trop le soda – et pour baisser sa garde de sorte à se laisser surprendre par le geste affectueux de Katherine. Indiana rentra légèrement la tête dans les épaules au contact, mais c'était un mouvement instinctif, comme un chien qui recule quand un inconnu essaye de le caresser avant de se laisser faire parce que y'a pas de danger et ouais, c'est cool. Le temps qu'il capte, Katherine avait retiré sa main et Indiana avait un peu trop chaud pour se mentir : il était carrément en train de rougir.
"Ah bah... non mais..." T'es mignon. "... n-non mais n'importe quoi", marmonna-t-il en se sentant surtout très con.
Il ouvrit son soda et se plongea dans sa canette pour dissimuler sa gêne, espérant secrètement que ça allait le refroidir d'un cran. Il regardait bien en face de lui, de l'autre côté du comptoir, et au bout d'un moment ses épaules se détendirent un peu, comme si son corps comprenait que personne n'allait se moquer de lui. Il laissa planer un petit moment de silence avant de parler.
"Quand j'avais euh, l'âge de Mathéo, j'ai fait tout un tas de conneries pour emmerder ma grand-mère. À la base, c'était parce qu'elle voulait pas qu'on ait des animaux à la maison. Et puis j'aimais pas ma chambre. Alors je passais tout mon temps dehors et euh... enfin, je crois que c'est comme ça que ça a commencé. Je me rendais compte que je faisais de la merde mais c'était plus facile de dire que c'était de la faute de mam... de ma grand-mère."
Indy prit une gorgée de soda, toujours sans regarder Katherine. Dans sa tête c'était vachement plus court comme explication, mais il fallait quand même délivrer la conclusion :
"Vous, euh... vous voyez ce que je veux dire ?" demanda-t-il en jetant cette fois un coup d’œil à celle qui était assise à côté de lui.
Note mentale à soi-même : ne jamais envisager une carrière dans la psychologie, même de comptoir, ou dans la politique, ou n'importe quel domaine qui impliquerait de former des mots avec ses pensées pour créer des phrases un peu longues. La vérité c'était qu'il balançait entre l'envie de dire les choses et celle de ne pas se mêler de ce qui ne le regardait pas. Une partie de lui détestait qu'on mette son nez dans ses affaires. L'autre se disait qu'il aurait bien aimé qu'on lui dise ce genre de trucs, parce qu'à 15 ans comme à 20, on était encore un peu con.

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Katherine Cavalcante
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C'est l'histoire d'un mec qui entre dans un bar ...
... Et qui voulait du jus de pamplemousse.
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Katherine
Cette couleur écarlate qui s'empare des joues du garçon. Mouvement d'épaule, recroquevillement, le regard qui fuit, la voix qui s'égare. L'embarras. C'était adorable, comme émotion, selon Kath. Comme un enfant...

Kath ne peut s'empêcher de sourire devant l'appellation du "Méchant Flic". C'était peut être vrai, après tout. Elle était la "chieuse", celle qui gronde, celle qui se fâche, celle qui frappe, celle de qui on a peur, celle qu'on provoque, celle qu'on déteste. Manu avait le beau rôle. Elle, le mauvais. Mais elle assume. Il fallait bien. Puis, elle l'avait mérité. Elle n'arrivait jamais à faire autrement, de toutes façons. Rester calme, brosser dans le sens du poil, discuter longuement, fermer les yeux. Manu savait bien mieux le faire qu'elle.  

"Si on veut."Dit-elle brièvement.

Les triplés. "C'est marrant qu'ils soient tellement différents...". Sa réflexion la fit sourire. Enfants, ils étaient très proches. Ils s'amusaient ensemble, jouaient aux princes et à la princesse. Eva se faisait toute belle avec une robe rose et un petit diadème en plastique. Elle coiffait ses longs cheveux, piquait le maquillage de Kath pour se tartiner le visage, levait le menton et prenait des allures de petite bourgeoise. Elle ne se décollait jamais de ses deux frères qui fourraient des chaussettes sous leurs pulls pour gonfler leurs muscles fragiles d'enfants. Ils avaient leurs petites épées en plastique, Mathéo ne cessait de crier "Attention, celui qui touche à ma sœur, je le découpe !" Puis Andrea qui renchérit "Ouais, puis on est super musclés, d'abord !". Qu'ils étaient jeunes, que cette époque était lointaine …  

Elle ricane devant la méprise d'Indiana. Andrea. Elle avait toujours aimé ce prénom. Prénom unisexe choisi par la mère de Manuel. Mathéo avait été choisi par la sienne. Et c'était elle qui avait insisté pour que l'on appelle la dernière Eva.  

"Merci, Indiana. C'est vrai que les triplés ne sont pas aussi unis qu'avant. Ils étaient inséparables pendant l'enfance. Je me souviens d'ailleurs, qu'Eva avait pleuré pendant plusieurs jours quand on l'a changé de chambre. Il y a même un matin où on a retrouvé les garçons endormis au pied de son lit avec juste des plaides et leurs oreillers." Elle ricane, l'air nostalgique. Puis elle regarde le vide, l'esprit ailleurs. "J'imagine qu'en grandissant, ils se sont éloignés. Enfin, Mathéo reste assez proche de son frère mais j'ai l'impression qu'entre lui et Eva, ça ne colle plus vraiment. Andrea, c'est autre chose. Il essaie toujours d'être là pour son frère et sa sœur mais ils ne le lui rendent pas forcément. Mais bon, je ne crois pas que ça l'arrête pour autant."

Katherine parlait peu sauf quand il s'agissait de ses enfants. Elle pouvait y passer des heures. Parler d'Eva et de ses cheveux qu'elle refuse catégoriquement de couper, d'Andrea et de ses comics, de Mathéo et … Et ? Mathéo aimait le sport, Kath le savait. Mais aujourd'hui ? Qu'est-ce que l'adolescent pouvait-il bien faire ? Les seules choses qu'elle connaissait du lui actuelles, c'était ce que les flics et Indiana pouvaient bien lui raconter entre deux et trois heures du matin alors qu'elle allait le chercher au poste. Et même pour les autres, c'était pas non plus une grande réussite. Eva passait son temps avec ses copines. Les seules mots qui sortaient de sa bouche et qui lui étaient adressés, c'était des phrases du genre "Non mais Maman, tu peux pas comprendre, laisse tomber" ou encore "Tu m'achètes -ChoseInutileTendanceDuMoment- ? Papa a dit Oui, lui". Andrea était plus ouvert. Il lui parlait de ses amis, de ses séries du moment. Mais même lui avait ses petits sujets tabous. Comme les amours. A chaque fois que Kath évoquait ne serait-ce que la possibilité que son fils ait un quelconque lien affectif avec quelqu'un, l'adolescent se renfermait immédiatement. Paradoxalement, Andrea était plus ouvert sur ce sujet avec son père. Mais Kath évitait de penser à tout ça. Ca la rendait bien trop triste.    

"Andrea s'est souvent fait embêté à cause de ça. Puis, il est plus calme que Mathéo, plus sensible. Les enfants, c'est cruel, ça ne laisse pas passer ce genre de comportement. J'imagine que c'est comme ça qu'il en est venu à se teindre les cheveux avec cette couleur étrange. M'enfin, il fait ce qu'il veut, tant que ça lui permet de se sentir bien."

Les cheveux d'Andrea, c'était quelque chose. Le jour où il était revenu à la maison avec cette tignasse bleu océan, Kath et Manu avaient eut du mal à le comprendre. Venant de Mathéo, à la limite, mais Andrea, c'était surprenant.  

Indy lui parle. Elle le regarde fixement, l'écoute. Il bégaie, hésite, décrit sa propre situation. Ca la fait sourire. Elle trouve ça adorable. Il essaie de l'éclairer, de la consoler, de l'aider. Il s'exprime mal mais elle comprend. Après tout, elle aussi, elle a eut, quinze, vingt, même trente ans. Elle était plus que bien placée pour savoir qu'on faisait des conneries pour emmerder ses parents, pour exister, pour se défouler, pour rien. Puis elle regarde Indiana, le visage collé à son soda, les joues rouges, le regard fuyant. Elle s'approche, doucement, pour ne pas l'effrayer. Elle dépose sa main sur le haut de sa tête et vient chastement embrasser son front.

"Ne t'en fais pas. J'ai compris. Seulement, je trouve ça dommage que ce soit toi et pas Mathéo qui me dise tout ça. Mais bon. On ne peut pas tout avoir dans la vie, n'est-ce pas ?"

Elle lui sourit et se racle la gorge. Ses élans d'affection, fallait qu'elle fasse quelque chose parce que parfois, ça pouvait mettre les gens mal à l'aise. Elle s'éloigne, retourne derrière le comptoir et s'allume une cigarette. Elle en profite pour se servir un petit verre de bourbon en ajoutant un peu de glace. Elle avait besoin d'un verre sinon elle finirait par faire tout un historique de sa vie de mère et ni Indiana, ni elle n'avaient envie d'entendre ou de voir ça.  

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Indiana A. Jones
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 C'est l'histoire d'un mec... ft. Katherine C.

Indiana considérait Katherine comme une adulte certes – madame Cavalcante – et comme la mère d'un de ses meilleurs amis. Mais elle était plutôt jeune – sa mère à lui, elle aurait été plus âgée maintenant, non ? – et elle ne le mettait pas mal à l'aise comme les autres mères qu'il côtoyait dans son entourage ; il y en avait peu. Disons, ses tantes par exemple ? Il ne connaissait pas les mères de ses autres amis, probablement parce qu'il n'était pas le genre de personne qu'on présentait à ses parents, alors peut-être qu'il se comportait bizarrement sans le savoir. M'enfin, ça lui semblait normal de lui parler de façon détendue comme ça, jusqu'à engager la conversation sur ses enfants, ceux qu'Indy ne connaissait pas.

Un instant il eut l'impression d'être une autre personne, qui observait la scène d'un point de vue extérieur, parce que Katherine parlait de ses enfants comme une vraie maman. Mais c'était peut-être juste parce qu'elle touchait à un monde qu'il ne connaissait pas qu'il se sentait tellement étranger à la conversation. Pourtant c'était lui qui avait lancé le sujet, et c'était pas "pour faire genre". Il s'intéressait vraiment aux frangins de Mathéo, parce que c'était son pote, alors c'était normal, puis une partie de lui se disait qu'en connaissant un peu plus sa situation personnelle, il comprendrait un peu mieux ses problèmes. Mais cette incursion dans son enfance, là, il ne s'y attendait pas, et elle le faisait marrer tout en retournant le couteau dans la plaie, comme on dit, même si dans le cas d'Indy elle avait cicatrisé depuis longtemps.
Et derrière son sourire amusé, une partie de lui chancelait en se demandant si, peut-être, sa mère aurait parlé de lui comme Katherine parlait de Mathéo, malgré toutes ses conneries.

Raison de plus pour formuler cette espèce d'excuse à sa place, parce que qu'est-ce que Math pouvait être con parfois. Seulement la réaction de Katherine était un peu comme tout le reste, touchante et un peu trop pour Indiana, qui ne savait plus comment réagir, quoi dire, et même s'il était censé aborder avec elle ces sujets-là. Elle avait raison : c'est Mathéo qui aurait dû lui dire tout ça.

Seulement voilà, il n'était pas là. C'était dommage parce qu'Indy avait très envie de lui donner des petites claques, là. Au lieu de ça il posa son front sur le zinc, un peu trop fort, pour s'éviter de se gifler et aussi pour cacher le rouge qui lui mangeait la face. Il fut soulagé que Katherine s'éloigne un moment pour faire le tour du comptoir. Il croisa les bras devant lui, pour se planquer si jamais il recommençait à dire des conneries.

Et, ouais, à la base il comptait dire à Mathéo qu'il était venu voir sa mère, mais en fait il allait taire cet épisode et refouler le malaise au fond de lui. Il assumait ses paroles mais pas ses réactions et il détestait qu'un seul geste comme celui de Katherine puisse le désarçonner au point qu'il me sache plus comment réagir. Sûrement parce qu'il ignorait si ça lui faisait plaisir.
"J'aurais pas dû dire ça."
Indy était un peu comme ses chiens parfois, qui avaient peur de lui quand il les recueillait dans la rue et qu'il devait réhabituer au contact humain – des gestes affectueux plutôt que menaçants. Il évitait les deux parce qu'il ne s'attendait jamais aux premiers, alors forcément ils le surprenaient à chaque fois. Katherine le surprenait.
Dire qu'à la base, il avait peur de son côté mère autoritaire qui surgissait à chaque fois qu'elle venait chercher Mathéo au bureau du shérif...

Oh, en parlant de ça... Indiana releva légèrement la tête, son regard se perdit un instant dans la circonférence du verre de Katherine. Ses paupières brûlaient toujours.
"Quand vous dites qu'on peut pas tout avoir, c'est marrant parce que..." il se frotta les yeux "Je me suis toujours dit que Math avait de la chance. Il fait de la merde, vous venez le chercher, il recommence, vous venez le chercher... J'crois qu'il se rend pas compte que ça pourrait pas du tout se passer comme ça."
Ça aussi c'était une question à peine dissimulée mais cette fois Indy ne prenait pas de gants et son ton était un peu dur – peut-être qu'il avait peur d'avoir un bisou s'il était trop sage. Je crois qu'il se rend pas compte que lui, il fait ce qu'il veut, et il a tout ce qu'il veut. Indy adorait Mathéo. Et peut-être qu'il avait tort ; peut-être qu'il manquait bel et bien un truc à Mathéo. Indy aussi il lui manquait un truc, et dieu savait qu'il ne l'exprimait pas de la bonne façon. Alors il savait qu'on pouvait avoir des petits problèmes de communication à quinze, seize, dix-neuf ans. Il ne comprenait pas toujours son ami mais ça il le savait. Sauf que Katherine, elle avait pas le décodeur d'enfants édition emmerdeur, et c'était injuste de supposer qu'elle pouvait se débrouiller sans.

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Katherine Cavalcante
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... Et qui voulait du jus de pamplemousse.
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Katherine
Beatrice Cavalcante était une mère douce. Aimante. Elle restait à la maison pour s'occuper de ses quatre garçons et de son adorable petite fille. Quand il faisait des bêtises, c'était Diego qui donnait les corrections. Elle se contentait de montrer sa déception ou de donner des leçons en suivant le jugement de son mari. Kath ne pourrait jamais être comme sa mère. Jamais.

Alors que l'adolescent expose son avis sur la relation qu'entretient Kath avec son fils, l'italienne fixe son verre en silence. Il avait raison, après tout. Mais que pouvait-elle faire d'autre ? Elle refusait d'être le genre de mère donneuse de leçons car elle était plus que mal placée pour le faire. Son passé le lui interdisait. La Katherine Adolescente ne pouvait se résoudre à laisser la Katherine Adulte traiter son fils comme un simple voyou en lui déblatérant des discours et en enchaînant interdiction sur interdiction. Ce n'était pas ce qu'elle voulait. Ce n'était pas elle.  

Elle prends une gorgée de son whiskey et finit par pousser un soupire. Elle sentait dans le discours d'Indiana cette pointe d'ironie qui ne faisait que la rendre encore plus triste qu'elle ne l'était déjà. Bien heureusement, montrer ce genre d'émotions ne faisait pas partie de ses habitudes. Elle se contenta de terminer sa cigarette sans un mot, laissant le silence s'installer. Et au moment où on ne l'attendait plus, la voix rauque de Kath le brisa.

" Au contraire. Il sait très bien que ça peut se passer autrement. Il ne fait que prendre une revanche méritée." Elle regarde ailleurs puis ricane, l'air amer. " Et le pire, c'est que j'aurais fait pareil. Enfin bref …"

Elle termine son verre d'une traite avant de le poser brusquement sur le comptoir. Cette conversation l'avait perturbé. Elle récupère la canette vide d'Indiana pour la jeter et s'éloigne du comptoir.  

" Ne lui en veut pas trop pour son égoïsme. C'est encore un gamin et, surtout, il tient ça de moi. La génétique est une pute, parfois, hein ? "

Elle sourit d'un air étrange avant de finalement disparaître à l'étage où se trouve son bureau, laissant le petit Indiana tout seul au comptoir. Comme à chaque fois que quelque chose la rendait nerveuse, Kath disparaissait. Elle était comme ça. Lâche. Elle n'était pas encore prête à affronter son fils ou, du moins, l'analyse faite de lui par son meilleur ami. Plus tard dans la soirée, Math enverra un message à Indiana : " On sort, ce soir ? ".


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C'est l'histoire d'un mec qui entre dans un bar... ∅ Katherine
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