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“{ H U R T F E E L I N G S } •• Casseno. || Done”

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Zeno J. Clark
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Mar 28 Mar - 22:25Zeno J. Clark
rouge

L'incompréhension s'affole,
elle brise les
C O D E S
de cette routine qui errait
entre toi et moi. Ce
Q U O T I D I E N
que je vivais en songeant que
rien ne pourrait jamais réellement
C H A N G E R
tout du moins avec toi.

Un souffle, des mots qui s'égarent, qui s'envolent dans une légèreté éphémère, ils ne reviendront jamais pourtant certains restent bloqués inlassablement. Ancrés dans un coin de l'esprit, ils ne disparaissent qu'une fois que la Mort emporte tout sur son passage, sur son chemin, quand le jugement dernier s'exclame. C'est parfois dans ces instants précis, que certains reviennent à la charge, qu'ils errent pour tourmenter une dernière fois, alors les regrets qui les accompagnent, vrillent cette dernière voie lactée. Ce dernier souffle se meurt en songeant à tout ce qui est resté gravé à vie dans le plus grand des secrets.
Un souffle, tu refuses de t'y laisser prendre un jour. Zeno, tu ne peux accepter de mourir en imaginant que tes tourments présents, soient plus forts encore dans tes derniers moments. Déjà bien trop nombreux, déjà bien trop conscients, tu ne peux encaisser d'avoir abandonné, d'avoir baissé les bras. De l'avoir abandonnée, elle. Comme un supplice avant même que ces dernières secondes ne résonnent, tu entrevoit déjà clairement les regrets insupportables que tu emporterais avec toi. Alors tu marches furieusement, presque essoufflé. Entre ces murs, dans ces couloirs tes orbes n'ont de cesse de la chercher si ardemment pour enfin poser ta main sur la sienne, la retenir une bonne fois. Dans cette foule d'étudiants qui s'amassent chaque jour pour finir par se laisser couler dans un coin, dans cette foule oui, tu sembles si pressé maintenant. Comme si une partie de cette vie moisie en dépendait. Comme si la seule véritable beauté de cette vie moisie, en dépendait. Zeno tu sais bien, quelque part tu sais bien qu'elle ne sera peut-être pas toujours là, qu'un jour le destin sonnera la fin de cette amitié, de ce besoin, de cette nécessité. Tu en as cure parce qu'à cet instant précis, peu importe les gens qui t'entourent, tes pensées lui sont entièrement destinée.

Une colère bouillonne
elle me ronge lentement mais
S Û R E M E N T
alors que je songe à tout ce qui
est arrivé, à tout ce qui s'est
P A S S E S
et je ne comprends toujours pas.
Oui je ne comprends pas
P O U R Q U O I ?
mais je ne veux pas
A B A N  D O N N E R.


C'est violemment que tu claques la porte qui te mène jusqu'à cet air frais. Celui qui balaye soudainement cette masse verdâtre qui te sert de cheveux. Rapidement, une main vient à chercher les mèches les plus récalcitrantes, celles qui s'évertuent à rester devant ta vue et déjà tu remarques. Cette allure, cette aura, cette audace. Dans cette foule ordinaire, tu l'as reconnaîtrait entre milles. Impossible de rater ce charisme qui lui scier, qui lui colle à la peau si méchamment. Un pas, deux, trois, déjà te voilà reparti à marcher d'une allure vive, mais fébrile. Parce que tu crains de voir cette main, sa main te repousser si violemment. L'incompréhension ne ferait que naître plus de spéculations encore chez toi, dans ton esprit désabusé, bridé. Une seconde, tu hésites, mais enfin tu poses la main sur son épaule, le regard froid. La colère erre au fond de tes orbes clairs. La colère, mais surtout le doute qui poignarde si brutalement. Ce doute avec lequel tu as vécu toute ta vie durant, celui-là même qui le fruit de ce quotidien pourri, détruit. « Cassiopée... On doit parler ! » c'est rare. Si rare que tu prononces son prénom en entier, comme si une certaine forme d'affection enfantine venait de s'envoler, de disparaître d'un claquement de doigt. « Et cette fois-ci, je ne te laisse pas le choix, c'est clair ? Alors tu vas m'écouter pour changer ! » autoritaire soudainement, parce que tu es fatigué de lui courir après, mais tu ne peux t'en empêcher. Zeno... tu es le genre d'homme qui ne peut plus vivre avec des questions vides, sans réponses.
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Cassiopée A. Riveira
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HURT FEELINGS

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Dans la complainte silencieuse d'un cœur trop étiré car meurtrit, lacéré par les vérités et les mensonges, les bribes de ses expressions contenues, de ses lèvres pincées, de ses gestes incongrus. La mélodie demeurait la même, amère et dénuée de sens, l'extirpant hors de ses pensées alors qu'elle s'efforçait de tourner la tête, de fixer le vide afin de ne pas croiser sa propre faiblesse, afin de ne pas s'y confronter. Toutefois désormais tout était plus complexe, désormais elle ne fuyait plus ces inconnus aux visages diverses mais aux expressions toutes universelles, ces êtres qu'elle ne croissait qu'au détour d'un couloir, dans le coin d'une salle. Non. Il y avait aussi des êtres auquel son cœur s'était entiché d'amitié, des êtres qu'elle aurait voulu garder encore un instant, ceux à qui les mots manquaient encore. Celui à qui elle devait des explications concrètes mais aussi insolites. Zeno. Cassiopée fourragea sa tignasse aux teintes blondes et brunes de ses doigts, tirant ses longues mèches vers l'arrière, créant un bordel sur le haut de sa tête, tout comme il était déjà présent dans les recoins de sa poitrine creuse. Respirer puis oublier. Une chose dont elle était capable désormais, ses poumons se remplissant uniquement d'air, cette maladie génétique ne pourrait plus jamais atteindre son moral, plus jamais nuire à cette vie avec laquelle était s'était battue. Mais à quel prix ? Celui de la méfiance presque absolue en tout être marchand à ses côtés, celle d'une amitié se morcelant alors qu'elle s'était construite sur une confiance mutuelle ? C'était une chose difficile à accepter, une chose contre laquelle elle se battait encore, inlassablement.

Le sac à bandoulière traînant au côté de ses hanches, elle semblait à un enfant las du monde, la candeur s'étant perdue dans les prés vastes, dans les livres feuilletés de ses doigts de poupée, dans ces contes que sa mère lui avait lu plus jeune. Elle restait encore cet enfant paumée dans un océan de questions, ces mêmes questions auxquelles il n'avait pas forcément la réponse, mais qui ne posaient pas réellement problème tant qu'ils en riaient ensemble. Un soupire contenu de ses lèvres démantelées par ces dents nerveuses, les traits noirâtres et les cernes soulignant ses yeux couleur océan, ceux qui avaient brillé de malice et qui a présent se contentaient de briller d'un éclat terne. Elle était épuisée, de tout cela, de toute cette histoire. De porter un secret bien trop lourd sur ses épaules. Mais que faire d'autre ? Balancer une vérité proche d'une quelconque fiction tirée par les cheveux ?  Il ne pourrait pas comprendre, pas cette fois.

Game over.

Les bouquins mis nonchalamment à l'intérieur de son immense sac, elle se faufila en extérieur et poussant l'immense porte vitrée, sentant le vent lui caresser le visage, la réveiller davantage. Toute cette histoire lui bouffait le sommeil et l'empêchait de se concentrer, toute cette histoire l'empêchait de vivre correctement car elle s'en voulait. De le laisser ainsi alors qu'il avait besoin d'elle, qu'elle avait besoin de lui. De l'abandonner alors que tant l'avaient fait avant elle et qu'elle s'était promise de ne jamais le faire. En cet instant c'était comme délaisser un morceau de puzzle auquel on se raccroche, unique, que l'on ne pourrait retrouver. Ils étaient tous les deux assez abîmés pour que le résultat soit plus que foireux.

Mais qu'est-ce que tu fais, Cassiopée ?
Elle ne le savait pas.

Le temps s'assoupit alors qu'elle fit un pas en avant, un autre, elle ne comptait plus le nombre de fois que sa silhouette vide s'est déplacée dans l'horizon. Puis sa masse indiscrète se faufila entre les personnes présentes, un sourire plus poli que réellement sincère aux lèvres, elle baissa la tête pour ne pas affronter une vérité qu'elle parvenait à lire, s'arrêtant uniquement près d'un arbre pour lever la tête. Une main posée sur son épaule la fit se crisper et se retourner vivement, froncer légèrement les sourcils, esquisser un air curieux avant que ce ne soit que la surprise qui vienne teindre ses traits. Zeno. Il se tenait là, la colère dans ses traits, les yeux n'étant cette fois-ci plus illuminés par une quelconque espièglerie. Il était en colère, bien plus que la dernière fois qu'elle lui avait filé entre les doigts. Il ne fallait pas lire les expressions pour parvenir à le voir.

— Qu'est-ce que tu-...

« cassiopée... on doit parler ! »

Elle pencha la tête sur le côté, imperceptiblement, raffermit sa prise sur son bien comme si en un seul instant elle pouvait disparaître, s'évaporer dans la nature dangereuse et encore inconnue. Il ne prononçait jamais son prénom en entier, juste une parcelle, juste la moitié pour que cela sonne joli et doux aux oreilles. Il désirait qu'elle ne l'écoute, que pour une fois depuis cette course poursuite ayant duré des jours ses oreilles se tendent pour entendre ses plaintes, comprendre ses maux. La blonde/brune se pinça les lèvres, tournant vaguement le regard comme pour ne pas lui faire face. Elle n'avait pas envie de les voir, ses mimiques sur ce visage. Pas maintenant. Pas encore demain. Alors tout doucement, pour ne pas faire exploser sa colère et sa frustration, elle prit la main posée sur son épaule, l'entourant de ses doigts presque affectueusement, accompagnant la chute de son bras jusqu'à ce qu'il ne retombe le long de son corps. Ce ne fût que là, après cet instant-là qu'elle ne la lâcha.

— Zeno, laisses-moi tranquille. Vraiment j'ai des choses à faire.

Lesquelles elle ne savait pas encore, mais le monde en regorgeait. Ce n'était qu'une excuse de plus, afin de pouvoir déguerpir au plus vite, de ne pas avoir à s'énerver contre lui et lui dire des choses qu'elle regretterait ensuite. Cassiopée fit trois pas vers l'arrière, le fixant toujours mais de loin, ne cherchant plus à entacher cette image qu'elle désirait garder de lui. C'était mieux ainsi.

— Arrête d'insister et de me courir après ! Faut que tu penses à ta vie !

words, notes, etc





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Zeno J. Clark
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Ven 31 Mar - 1:08Zeno J. Clark
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Tes yeux se posent sur moi,
j'ai l'impression que cela fait des
M O I S
que tu n'as plus daigné me regarder
droit en face, sans faiblir, sans
F L A N C H E R.
Mais c'est une illusion de ma part,
une envie qui ne se réalise que dans mes pensées
P A S V R A I ?

Parce que déjà son regard s'enfuit, suivant sa voix. Cette voix qui avait pourtant l'habitude de s'adresser à toi si franchement, dans un rire, un sourire ou bien une colère. Les yeux suivaient toujours, s'ancrant si droitement dans les tiens alors tu pouvais te rassurer que ce n'était que des sentiments passagers, que le jour qui suivrait, la ferait revenir vers toi, vers votre amitié. Tu croyais à cette confiance qui liait si fortement vos deux cœurs blessés, vos deux âmes tourmentées que vous aviez pourtant réussi à raccommoder un peu ensemble, tout les deux. Oh oui, tu croyais en cette rencontre pour une fois dans ta vie. Tu croyais que finalement ce monde t'avais enfin tendu la main, qu'il avait fait ce premier pas pour te relever, qu'il t'avais envoyé cette chaleur que l'on nomme Cassiopée. Une foi inébranlable, infaillible jusqu'alors, mais elle se brise, elle coule, elle se noie et elle agonise quand ses mots résonnent encore une fois et que tes sourcils se froncent. Le contact de sa main, sa chaleur qui disparaît, ses pas en arrières... « Pourquoi ?... » un murmure dans un miasme d'incompréhension qui n'a plus ni queue, ni tête. Il y a cet océan, ce fond noir qui t'engloutis à présent quand tu penses à elle, à ces jours passés, à ces discussions, à son soutien. Les murs s’effritent, tic tac, ils se démolissent lentement, tic tac, ils s'écoulent pierre par pierre. « Pourquoi ?... » il revient, ce murmure alors que les orbes perdus s'ancrent dans les siennes. Zeno, tu es blessé et tu n'arrives plus à le cacher. « Qu'est-ce que tu as de si important à faire pour fuir tes amis ? » lentement cette voix morne s'arme d'une force piquée à vif. « Tu me dis de penser à ma vie, mais tu n'as jamais pensée que TOI tu faisais partie de ma vie ?? Putain Cassio, arrête de me prendre pour un con ! » machinalement, soudainement tu te mets à te ronger cet ongle qui endure déjà tant de souffrance. C'est instinctif, nécessaire. Ne craque pas, Zeno.

Je ne comprends pas pourquoi les jours
se sont enfuis et que tu
R E F U S E S
à présent qu'ils puissent encore
nous revenir, qu'ils puissent encore
V I V R E.
Parce que tu ne donnes aucunes réponses
tu ne fais que fuir et je
C R E V E
de te voir me mentir.

Un soupir, une main qui se fraye un chemin dans la crinière verdâtre et déjà ton regard revient bouffer le sien. De colère, de peine. De cette peine qui corrode ta vie. « Est-ce que c'est ma faute ? » une voix soudainement si calme alors que tu songes à cela. Zeno, qu'as-tu encore fait ? Tu te le demandes. Oui, tu te demandes ce que tu as encore fait à ce monde, si tu as eu la bêtise de blesser ton amie. « Dis-moi... Putain mais explique-moi pour changer, tu as peur de quoi ? J'ai toujours pensé que tu étais franche, que tu étais directe, je n'ai jamais vu une seule fois une fuite chez toi alors... Pourquoi ? Pourquoi avec moi ? » c'est un amas d'incohérences qui dérangent, qui t'empêche simplement de lâcher prise, de libérer cette main à laquelle tu t'es accroché il y a de cela quelques années. Cette main réconfortante, douce et chaleureuse. Parce que Cassio elle était brisée tout comme toi, mais ensemble... Oui ensemble vous avez fait un pas en avant, et peut-être que ce n'est pas bien pour vous d'être proche, mais tu refuses de le voir, de l'entrevoir, de l'accepter. « Je t'en prie, aie confiance en moi. » ne rejette pas ma confiance comme elle, elle l'as fait. C'est ce que tu aimerais ajouter, mais ta voix se brime au fond de ta trachée en pensant à cette femme qui t'as enlevé, celle qui a détruite ta force envers l'humanité.
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Cassiopée A. Riveira
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Friends never break a promise.

On ne ment pas à ses amis.
On ne ment pas à sois-même, Cassiopée.

Le regard qui se perdit dans les interrogations muettes de cet être qu'elle ne comprenait pas dans son intégralité, mais dont elle voudrait connaître tous les secrets. Car il avait avait un temps ses mains se tendaient et ses doigts s'entremêlaient aux siens et il n'y avait pas besoin de plus que cela, pas besoin de mots superflus et bien trop complexes à prononcer. Juste une amitié qui naissant dans le creux de la poitrine donnait moins l'impression d'être perdu, plus l'impression de se retrouver. Ils n'étaient pas le remède de tous les maux de l'autre mais une alternative et désormais de ses yeux elle voyait qu'elle n'était plus le pansement qui pansait ses plaies mais le poignard qui s'abattait sans cesse dans les profondeurs de ses anciennes cicatrices. C'était ridicule. Ridicule que de se tenir encore là face à lui, dans l'attente qu'il comprenne que les choses changeaient en leur rythme, qu'elle ne pouvait plus être celle qu'elle avait été. Peut-être bien que des mots pouvaient être lâchés dans leur continuité, toutefois il n'en saisirait pas toute leur intégralité, car elle ne savait bien expliquer, car elle même ne parvenait à se comprendre. Les choses lui arrivaient, c'était tout.  Les décrire ce serait les rendre plus réelles, accepter qu'elle ne pouvait les combattre de ses forces et cela, cela elle refusait de l'admettre. Jamais elle ne cesserait d'aller à l'encontre de ce phénomène, pas tant qu'elle n'en aurait pas vu les bons côtés.

Pourquoi ?

Susurra-t-il entre ses lippes alors qu'elle fit son quatrième pas vers l'arrière, la tête toujours fièrement posée sur ses épaules affaissées, que son regard se posa enfin sur le sien comme pour lui répondre. Elle ne le savait pas. Parce que le monde était ainsi, parce que finalement on lui arrachait une parcelle de son sourire, qu'elle était elle-même obligée de se distancier d'un être qui avait fait une place dans son cœur miné. Pourquoi ? Voyons Zeno ne le voyais-tu pas ? Parce qu'elle ne veut pas salir cette image qu'elle a de toi. Qu'en s'éloignant ainsi peut-être... peut-être qu'elle pourrait préserver ses secrets et garder en son cœur ses bons côtés, car ainsi elle pourrait ne jamais voir ses mensonges, qu'elle n'arracherait pas une part de son humanité. Pourquoi ? Parce qu'il était sans aucun doute un de ses meilleurs amis, il n'y avait pas besoin de plus que cela, pas plus de raisons. La blonde se mordit l'intérieur des lèvres, sentant ses forces la délaisser au fur et à mesure que cette discussion s'éternisait. Il était en train de craquer, elle le voyait, cela s'entendait dans sa voix et cette tonalité qui grandissante, menaçait de faire exploser toute sa frustration contenue.

Que vas-tu faire si ça arrive, Cassiopée ?
Lui tourner le dos ?
Le sauver ?


— Parce que c'est comme ça, je n'ai pas d'autres réponses à te donner.


Les murmures sortirent dans une réponse qui n'en fût pas, car l'explication absente l'étouffait de pattes de velours, la faisant agoniser dans ces mots, ces non-dits. Pour une fois il lui fallait se taire, le volcan ne pourrait exploser, elle se devait de rester calme devant son ami. Son caractère muselé ne pouvait que contempler sa silhouette en train de battre maladroitement des ailes. Et elles allaient se briser, dès l'instant où il lui tournerait le dos. Elle se briserait. Une pause dans les méandres du temps, un soupire contenu entre ses lippes, elle haussa les sourcils et écarquilla prestement les yeux sous la surprise, ne s'attendant pas à une telle question venant de lui. C'était vrai. Qu'avait-elle de mieux à faire pour fuir ses amis ? Rien justement.

— Putain Zeno fous-moi la paix !

Ce fût sa réponse à toutes ses questions posées, également la réponse à toutes les remontrances qui lui trottaient dans la tête, telle une spirale infernale ne s'arrêtant jamais. Et la colère grimpa, autant de son côté que de celui de l'homme face à elle, celui qu'elle connaissait pour sa gentillesse mais également pour des mots mordants. Finalement, peut-être ne faisaient-ils que de se détruire, petit à petit, pièce par pièce, dévorant leur terrain sur l'échiquier. Cassiopée s'arrêta un instant, se massant les tempes, glissant nerveusement ses doigts sur son front, prenant une mèche de cheveux qu'elle déposa derrière son oreille. Si. Elle savait. Elle savait qu'elle faisait partie de sa vie, elle savait car il en était de même pour lui dans la sienne. Elle savait qu'elle le blessait à chaque mot qu'elle lui disait, essayant par tous les moyens de rendre sa tonalité moins anxieuse et plus ferme histoire de le faire fuir. Il ne comptait pas partir. Elle aurait fait de même étant à sa place. Le bout de ses ongles ramené contre des lèvres, il se remit à les ronger frénétiquement, un tic qu'elle avait remarqué lorsqu'il était nerveux ou en colère. Encore une fois il se détruisait, sans même s'en rendre compte, devant ses yeux. Encore une fois, c'était sa faute.

Encore. Elle nuisait de son caractère incapable de s'exprimer, devenant un fruit toxique empoissonnant tous ceux de son entourage. Combien de fois avait-elle fait pleurer sa mère ? Elle ne s'en souvenait plus. Combien de fois avait-elle délaissé des personnes l'aimant réellement ? Énormément de fois. Les narguant de cette fidélité qu'elle ne pouvait préserver et de son caractère particulier. Forte et brisée à la fois, telle une épée craquelée et divisée que l'on aurait reconstruit. C'était ce que tu étais, Allana. Alors qu'elle le regardait encore, il prononça la phrase qui la poussa dans une incompréhension vaporeuse, la faisant fermer les poings si fort que ses jointures devinrent blanches, que la douceur disparu dans les flammes d'une colère qu'elle ne nourrissait qu'envers elle. Mais ça, sans doute ne le savait-il pas.

— Et tu me demandes si tu es le problème ? C'est ça que tu ne comprends pas ! Les gens changent, ils sont obligés de changer à cause de ces fichus choix que nous sommes obligés de faire ! C'est comme ça, ne me demandes pas si c'est toi le problème parce que je ne peux pas te répondre.

Pas encore Zeno. Peut-être jamais réellement. Pourquoi toi ? Parce que tu lui es proche et qu'elle est maladroite, humaine.

Et tandis qu'il s'acharna sur ses ongles elle ferma les yeux, tentant de calmer ses nerfs, soupirant pour remettre des pensées dans cette mélasse incompréhensible qu'était sa tête. Puis ses paupières closes s'ouvrirent, fixant ses mains et ses doigts meurtris, retenant une une de ses mains qui menaçait de se déposer à nouveau sur lui, sur son poignet afin de lui souffler qu'il ne devait pas agir ainsi. Pas se punir à cause des vestiges du passé, du présent également, désormais.

— Ça sert à rien d'insister parce que ça te dépasse Zeno et que je suis assez grande pour gérer les choses seule sans que tu sois constamment sur mon dos !

Blessures inlassables, mots qu'elle lui jeta au visage d'un regard froid, contenant toute faiblesse dans la voix qui aurait pu la trahir. Elle était bien trop fière pour s'excuser, bien trop attachée pour ne pas tenter de distancier ses liens, pour son bien à lui. Alors elle devait petit à petit l'agacer, finir par l'énerver, qu'il puisse lui tourner le dos et cesser de la suivre, d'insister. Mais elle le regrettait déjà, d'être aussi abominable avec une personne qui n'avait jamais été brusque à ses côtés.

— Hey, arrête de te punir. Laisses tes pauvres ongles tranquilles.

Sinon je me verrai forcée de te les couvrir de vernis ou de sauce piquante, en espérant que ça t'empêcheras de les ronger. Elle tût ses mots dans la gorge, sachant que ce n'était pas le moment de le materner, pas le moment de lui tenir la main à nouveau. Puis après avoir récupéré sa tête froide, que le moment stagna dans l'incompréhension des deux, elle chercha dans ses affaires quelque chose à lui tendre, un objet, celui qu'elle lui avait emprunté plus tôt, avant que tout ceci ne débute réellement. Cassiopée le lui tendit, plaquant le livre contre son torse, comme si elle l'abandonnait lui aussi.

— Tiens, t'auras aucune raison de me suivre si je te le rend maintenant. Zeno... c'est pas une question de confiance, ça n'a rien à voir. Juste oublies-moi pendant un moment.

Ses yeux ne se baissèrent pas à nouveau, osant lui faire face après tout qu'elle lui avait balancé. Il lui fallait assumer ses conneries, faire face à sa stupidité, accepter qu'elle ne doutait pas de lui mais qu'elle était obligée de les lui dire. Ces mots. Des mots qu'elle ne pensait qu'à moitié car elle ne voulait pas le perdre, lui aussi.

❤️❤️❤️





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Zeno J. Clark
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Sam 1 Avr - 14:13Zeno J. Clark
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Tes mots sont tels des
P O I G N A R D S
bien entraînés, mais tu sais Cassi
j'ai déjà vécu bien pire. Ah non
peut-être que tu n'as pas vraiment
R E A L I S E E
mais ce n'est pas quelques broutilles
bien placées qui vont me faire
F U I R.

Cela fait longtemps, si longtemps à présent que la fuite n'est plus une option, un instinct de survie. Parce que l'enfant a fuit, si souvent, à chaque fois que la réalité s'abattait trop lourdement sur ses frêles épaules. Oui, il a fuit pour se sauver, se préserver, essayer d'avancer encore. Il a fuit pour se donner une raison d'exister, pour ne pas sombrer sous la vérité. Le mensonge comme seule arme, comme seul amour véritable. Ils ont tout détruit, tout démolit, tout ensevelit sous un tissu, une toile d'araignée. Je veux vivre. Elle se répétait si inlassablement dans un coin de cette tête trop remplie, trop martyrisée par les questions de la vie. Elle était balayée pourtant, si violemment, si rapidement pour ne pas gâcher l'illusion que tout ceci était vrai. Tu as fuis, Zeno. Pendant dix-sept ans tu as fuis pour te protéger jusqu'à en payer le prix. Alors un instant ses mots te poignarde si profondément, mais la vision de ce passé adoucit les choses. Tu revois le sang, tu ressens une nouvelle fois cette douleur de se faire briser la mâchoire, le nez, un bras. D'être démolit par ce que l'on croyait être son père. Ce n'est qu'un soupir qui s'échappe dès lors, profond, affaiblis et cet ongle qui ne fait que se ronger par instinct, par habitude. « Alors c'est comme ça hein ? C'est comme ça que tu as décidé de te comporter avec moi ou bien avec tout tes potes ?! Tu crois que tu peux simplement demander à ce qu'on te foute la paix pour qu'on soit tous bien sage à t'attendre ? J'en ai rien à foutre si tu as besoin de temps pour toi, ça se conçoit, mais me prends pas pour un con à me monter un bateau d'excuses foireuses. » l'agacement. Soudainement il revient si ardemment alors que son regard, sa voix, son attitude attirent inlassablement ton côté le plus noir à présent. Instable, tu jongles d'une humeur à l'autre et ce n'est plus cette peine qui prime à cet instant, mais bien cette colère que tu ne comprends pas, qui est arrivée si subtilement à mesure qu'elle s'éloignait, qu'elle fuyait sans un mot. « Putain mais dis les choses ! Dis-les en face, ça coûte rien à l'humanité d'être franc si ce n'est qu'apparemment c'est trop de courage que la plupart n'ont pas, mais je pensais pas que toi, tu te cachais derrière ta lâcheté. Tu devrais avoir compris que je ne serais plus sur ton dos quand t'auras fini de faire ta gamine. » la faiblesses des autres, c'est un fléau. Un fléau pour le gamin que tu étais, que tu es encore aujourd'hui. Et ce gamin est à cran maintenant, se rongeant l'ongle plus férocement, retenant ce qui boue au fond de ta trachée.

Cassiopée, tu sais bien que
je n'ai pas envie de me
C O M P O R T E R
comme ça avec toi.
Tu le sais bien que je n'ai pas envie
D ' E X P L O S E R
à cet instant précisément, que
j'aimerais au contraire juste
P A R L E R
calmement, posément de tout
ce qui semble te
T R O U B L E R.

Mais tu n'as plus à cœur d'être patient, d'être clément. Il y a une part d'égoïsme chez toi, celle qui souhaiterait que les autres soient aussi franc que tu l'es, mais tu sais bien que c'est impossible. Parce que l'humain est différent, chaque entité est élevée différemment, aimée autrement, suivit ou non finalement. Le passé forge les murs, les barrières, les forces et les faiblesses d'autrui, alors au fond la stupidité n'est pas assez élevée pour que toi, tu n'en sois pas conscient. Fatigue. Oui, tu es fatigué pourtant. Fatigué de courir toujours après les gens qui fuient sans raison, qui ne parlent jamais, qui ne te regardent pas franchement. Il manque des informations, des bribes de réponses qui te semblent insupportables à endurer. Sans avoir conscience que Cassio craint de voir tes mensonges, à l'instar toi tu subis les siens avec pression, cœur blessé. Ironique, pas vrai ? Alors un bref rire passe tes lippes. De ceux qui sont hypocrites justement, simulés, blasés et ton regard tombe sur ton ongle. « Fous-moi la paix, depuis quand tu te prends pour ma mère ? » elle veut être blessante ? Tu l'es aussi, c'est aussi simple que cela, comme un enfant, comme un gamin. Non, en réalité c'est encore une fois parce que tu es fatigué, tout simplement. Fatigué, mais pas assez pour tourner le dos sans un mot. Contradiction accrue. Tu t'accroches toujours à elle, tu ne veux pas lâcher l'affaire, quelque part... tu veux lui venir en aide, mais elle te cherche, te pique, te mens, te tourne le dos avec cet air sans remords, mais tu n'y crois pas un instant. Et c'est pour ça que t'en peux plus, Zeno. Ton regard suit ses mouvements, tranquillement, sans broncher et sa chaleur revient l'espace d'une seconde. Lentement ta main vient se poser sur le livre et tu remarques que ton ongle saigne une nouvelle fois, encore. « Je vois, puisque tu as décidé d'être hypocrite jusqu'au bout, si je te tourne le dos maintenant, ne compte pas revenir vers moi un jour l'air de rien. Tu dis que ce n'est pas une question de confiance, mais en réalité c'est exactement le cas. Tu n'as pas confiance en moi, ni en toi-même alors tu fuis l'un des deux. Je te laisserai fuir si t'avais le courage de me dire que t'es trop faible pour assumer de me voir en ce moment, mais à la place tu préfères t'inventer des excuses pitoyables. Il n'y a rien de plus laids sur ton visage que d'y voir le mensonge, sache-le. » étrangement ta voix semble plus calme que précédemment, tu es désabusé dans un monde dévasté qu'elle piétine un peu plus avec sa faiblesse. Zeno, tu n'as rien contre la faiblesse des autres, toi-même tu l'étais, mais tu estimes qu'un jour il faut savoir devenir fort, que c'est à la portée de tous. « Si je t'oublies, ce sera définitif parce que je suis fatigué de courir après les gens, de devoir les retenir tout le temps. Alors maintenant si tu veux toujours partir sur ça, fait donc. » c'est un ultimatum quelque part. Un ultimatum dans un égoïsme encore une fois, mais tu te demandes si tu as encore d'autres choix en réalité.
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Cassiopée A. Riveira
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Fuir ou rester, il faut choisir.
Essaies encore et peut-être échoue encore.
Échoue mieux.

Il fallait faire ce pas en avant, espérer encore caresser du bout du museau la lumière aveuglante présente au bout du tunnel. Ce chemin, elle ne l'avait fait qu'à moitié seule, derrière les meurtrissures de ses récentes blessures. Elle avait accepté d'en faire un bout avec lui, elle avait accepté de ne pas lui mentir, de pas pas tout lui accorder pour le voir grandir. Dans le fond elle avait été égoïste. Dans le fond elle l'était encore en espérant qu'il comprenne ce qui n'avait pas été dit, qu'il devine ce qu'elle pouvait ressentir. Mais n'en avait-il pas toujours été ainsi ? N'avaient-ils pas depuis toujours eu ce rapport bancal et précaire ? Cette étrange amitié qui pouvait autant blesser que faire sourire ? Elle n'en était que plus douloureuse à présent. Il pouvait être sa force, mais désormais il était sa faiblesse dans ce moment d'égarement. Il fallait simplement qu'elle choisisse entre lui et sa fierté. Entre lui et ses convictions. Entre lui et elle-même. Et la réponse n'était pas déjà toute faite et cousue sur ses lèvres gercées. Sur le moment il n'existait que le doute, rien de plus que des questions sans réponses, que cette colère qu'elle tentait de comprimer dans sa poitrine mais qui ne voulait pas se taire. Elle l'étouffait un peu de ses forces mais celle-ci revenait toujours, comme ayant quelque chose à dire. Par expérience elle savait que ce n'était jamais rien de réjouissant. La délicatesse elle l'avait laissé chez elle, sur son lit après une énième insomnie.

Désormais elle était las de tout ça.
Désormais elle cherchait encore comment régler toute cette histoire en évitant de le blesser.
Mais peut-être n'y avait-il aucun autre choix que celui-là ?


La jeune brésilienne relâcha son sac sur le sol, l'observant encore de cette lueur indescriptible, l'écoutant se défendre, pointer du doigt cette faiblesse naissant dans cette silhouette qui était sienne. Et bien que sur ses lèvres brûlait l'envie de le contredire, d'accuser amèrement cette persistance qu'il possédait et qui ne lui avait jamais fait défaut depuis qu'elle le connaissait, elle ne le fit pas. Non, car même si en son intérieur elle n'avait pas envie de le dire ni de l'accepter, il n'avait pas tord, c'était bel et bien la première fois qu'elle se défilait devant lui de cette façon. Ainsi Cassiopée ne prononça rien, le voyant tomber peu à peu dans l'indifférence, puis rongé par la colère qu'il aurait pu ressentir et qui teintait ses traits. Les gouttes de sang lui dévorant les doigts, ses dents ne cessaient de le punir, d'accentuer sa nervosité avec un peu plus de douleur. Il était à bout. Elle voyait tout ça, elle observait le tout d'un air indifférent, presque dissocié, fatiguée de se battre pour ne plus regarder ce qui de toute façon ne pouvait être évité.

" Il n'y a rien de plus laid sur ton visage que d'y voir le mensonge saches-le. "

Cette remarque extirpa un petit sourire sur ses lèvres, mi amusé mi triste, mi déchirant de vérité mi remplis de ressentis négatifs. Elle le savait, parfaitement, tout comme il n'y avait rien de plus laid à ses yeux que d'y lire le mépris sur le visage d'une personne parlant à une autre, que d'y lire une tristesse dans le regard alors qu'un sourire juste en dessous essaie d'être convainquant. Elle n'avait pas envie de lui faire vivre cela, elle n'avait aucune envie que de lui voler une partie de ses secrets à cause de ce fichu truc en plus qu'elle ne parvenait à maîtriser. Mais désormais que faire ? Le laisser partir ? Partir ? L'oublier ? Mentir ? Lui dire la vérité ? Les choix mèneraient tous vers une voie différente et elle se retrouvait hésitante, comme si n'avait jamais su quel chemin emprunter. Son regard se ancrant dans le sien, elle chercha cette fois-ci à voir ce qu'il pouvait dissimuler, cherchant au delà de ses mots, sentant sa sincérité. Zeno lui avait posé un ultimatum qu'elle ne pourrait et ne comptait fuir. Il lui fallait des réponses sur le champ. Un soupire vaincu alors qu'elle ramassa rapidement le sac jeté sur le sol, le bleu de ses yeux se perdant rapidement dans les siens tandis qu'elle lui fit un minuscule signe.

— Suis-moi.

Prononça-t-elle en se retournant aussitôt, se distanciant telle une ombre de sa démarche légère, ignorant les quelques regards depuis trop longtemps posés sur eux. C'était presque normal, que de se prendre la tête avec lui et elle détestait toujours ça, le voyeurisme et les regards indiscrets jetés à chaque fois qu'un étudiant se permettait de parler un peu trop fort. Le temps s'arrêta lorsqu'elle se faufila parmi la foule, se glissant tel un chat agile entre ses gens qu'elle ne désirait voir pour le moment. Ce ne fût que diverses minutes plus tard, lorsqu'ils arrivèrent près d'un banc désert qu'elle se permit de soupirer, prendre la parole et peut-être expliquer un peu plus. Car son cœur ne pouvait décidément pas se résigner à le laisser sans quelques explications et pendant un instant ce détail fût presque rassurant, que de savoir qu'elle avait quelqu'un qui l'attendait, qui se permettait de la remettre en cause, qui pouvait la suivre pendant des jours juste pour des explications. La tendresse cachée dans ce geste aurait pu affaiblir sa fierté, toutefois elle ne pouvait pas simplement lui dire qu'elle l'adorait, qu'elle détestait le voir se martyriser pour peu de choses. La complexité de sa fierté et son caractère ne la laisseraient s'exprimer.

— Putain Zeno tu es sans doute la personne la plus obstinée, agaçante, épuisante et insupportable que je connais !

Sa main se posa sur ses cheveux clairs, les ramenant vers l'arrière, négligemment, tournant vaguement les yeux vers ce qui les entourait. Son ton espiègle était dissimulé derrière cette remarque presque vexante, mais il saisirait qu'elle ne l'était pas tant que ça, énervée. Car la vérité était qu'elle se trouvait plus troublée, ne sachant pas sur quel pied danser, hésitante comme jamais. Elle décida de jouer franc jeu, plutôt que de tout lui révéler, juste quelques bribes. Dans le fond elle ne pouvait tout simplement pas l'abandonner.

Ne soit pas plus curieux, Zeno.

— Tu as raison, je suis sans doute une personne horrible de ne rien te dire. Mais je le fais pour toi, traites-moi de ce que tu veux de gamine, de personne égoïste mais pas de lâche car jamais je t'aurai laissé si ce n'était pas pour une bonne raison. Purée pourquoi tout doit être compliqué avec toi ? Pourquoi tu es obligé d'insister autant ?  


La question lui avait déjà effleuré l'esprit plus d'une fois, elle s'était empêchée de la balayer aussi vite que le vent balayait des grains de sables perdus. Dans le fond peut-être qu'il l'appréciait autant qu'il ne le disait, c'était étrange que d'avoir un vrai ami, que de se sentir soutenue par quelqu'un autre que sa famille. Bien que dans son cœur il y fasse déjà partie. Ses dents venant mordre la chaire de sa lèvre inférieure, elle le fixa longuement, cherchant par où commencer, si encore il y avait un véritable commencement à toute cette histoire tirée par les cheveux.

— Il y a quelques mois j'ai dû faire un choix et depuis il se passe actuellement des choses que je ne peux pas expliquer parce que ça n'a pas de sens. Vu que tu te poses la question, oui ça te concerne, ça te concerne mais indirectement car le problème c'est pas toi.  À cause de ça je ne peux pas rester avec toi maintenant parce que je sais que ça va mal se passer, peut-être même que tu finiras comme ces autres étudiants qui ne peuvent même plus me regarder en face.

Les derniers mots semblèrent plus moins et moins audibles, secrets dans leur sens alors qu'elle parvenait à se comprendre au fur et à mesure que le temps avançait. Il ne fallait pas se leurrer, ils avaient toutes les raisons de ne pas désirer la fixer trop longtemps, toutes les raisons de ne pas vouloir lui adresser la parole et en vérité elle s'en fichait. Le problème n'était pas eux, le problème c'était elle et le fait qu'elle ne savait pas encore maîtriser ce qui lui arrivait. Allana pencha sa tête sur le côté, les yeux cherchant encore une silhouette permettant de prouver ses mots, peut-être qu'ainsi il comprendrait. Ses paupières closes lorsqu'elle souleva la tête pour réfléchir plus amplement et pour une fois ne pas agir égoïstement. Peut-être que l'espace d'un instant, pour lui elle pourrait se montrer moins méfiante ?

— Franchement, je me retrouve bêtement à devoir t'expliquer les choses parce que je ne veux pas casser nos liens. Ça ne me ressemble pas mais je sais que je ne peux pas te laisser seul, tu ne sais pas te débrouiller. Regarde dans quel état tu es.

Pour lui ou plutôt pour elle, il était bien plus facile de dire qu'elle restait pour le surveiller que d'assumer une affection encore inconnue. Lentement elle se rapprocha de lui, posant son front contre une de ses épaules, soulevant le regard en attendant sa réponse dans ce geste qui bien qu'anodin démontrait déjà une partie de son affection.

— Fais-moi juste confiance et arrête de te prendre la tête, je sais me débrouiller.

❤️❤️❤️ Luv luv





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Zeno J. Clark
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Ven 7 Avr - 13:10Zeno J. Clark
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Parfois je m'en veux, Cassio.
Je m'en veux de t'imposer ma
P R E S E N C E
troublée et instable. Celle que
j'essaye encore de
S O I G N E R
en pansant vaguement les plaies.
Ces plaies qui déchirent mon
E N T I T E.

Sans un mot, en silence. Son corps s'égare dans cette foule curieuse. Les murmures et les messes-basses comme seuls amis. L'humain dans toute sa splendeur, dans toute sa curiosité malsaine. Lentement, tu fronces les sourcils à la vue de certains, de certaines. Les lèvres se scellent pour ne pas perdre de temps à suivre ses traces, ses pas, pourtant tu aimerais hurler. Hurler de dégager, d'aller voir ailleurs. Dans cette colère qui abrite ton cœur aujourd'hui. Cette colère et cette peine. Instable et troublé à présent. Cassio a un pouvoir bien trop puissant sur toi, tu le sais. Une amie, une amitié peut-être destructrice et mauvaise, mais tes mains s'y accrochent toujours. Tes bras aimeraient pouvoir l'enfermer pour être certain qu'elle ne t'échappe jamais. Parce que cette confiance que tu lui portes, elle t'est vitale, nécessaire, si vraie. Bien loin de ce passé dévasté, de ce tissu de mensonge si bien ancré. Tu as besoin de sa vérité, de cette franchise qui la caractérise si bien. Besoin d'elle comme tu as besoin de Nikoline. Deux amies dont tu ne peux te passer, Zeno. Parce que leur seule réalité, leur seule présence, rassure l'enfant paumé qui te regarde encore fixement aujourd'hui. Celui qui te demande de trouver les réponses qu'il n'a jamais réussi à attraper. Un soupir, bref, silencieux alors que ce banc apparaît. Un simple banc où pourtant tu espères avoir une vérité pour changer. Cette vérité que ton cœur appelle si ardemment. Alors dans un silence religieux, tu viens t'asseoir à ses côtés, ton regard s'ancrant dans le sien, dans ses gestes qu'elle détourne les yeux.

Et tu écoutes, Zeno. Attentivement comme si la vie en dépendait. Réactions différentes qui pourtant se suivent. Sourire. Surprise. Compréhension. Apaisement. Une affection voilée qui erre si simplement, tu comprends rapidement ce qui se cache derrière ses mots, des dires parfois violents ou agressifs. Et la chaleur alors que son front rejoint ton épaule bâtie pour soutenir autrui. Lentement une main vient se poser sur ses traits, caresser sa joue comme pour ne jamais oublier cette douceur qu'elle essaye de réprimer. « Je suis désolé... d'être insistant, étouffant peut-être bien aussi, mais... Disons que je ne t'ai pas tout dis non plus. » un bref sourire poussé par un son nasale. Lance cette vérité qui se terre au fond de ce cœur meurtri, explique-toi enfin clairement. Alors peut-être qu'elle pourra comprendre également. « Je t'ai déjà dis que j'avais fini par grandir en foyer à mes 17 ans jusqu'à ma majorité et que mes parents sont en prison, mais je ne t'ai jamais dis pourquoi... J'ai été enlevé, ces gens ne sont pas mes parents, Clark n'est pas mon nom. En réalité, je... » inspiration longue et douloureuse, regard fuyant et des mains qui jouent entre elles, nerveusement. « J'ai toujours su que quelque chose n'allait pas... mon père était distant, ma mère est devenue lunatique avec les années et... clairement on se ressemblait de moins en moins à force que je grandissais. » un bref tremblement que tu essayes en vain de calmer. Le cœur chavire, les souvenirs reviennent si ardemment. « Je le savais, mais... j'avais pas le courage de dire quoique ce soit. Quand j'ai eu 17 ans, j'ai fini par éclater. J'étais à bout et la seule réponse que j'ai eu c'est... d'être enfermé par mon père, battu. Si ce flic était pas venu me chercher, je serai mort. » respiration lourde, sourire amère, faux. Le regard se relève vers le ciel, vidé. « Depuis je cherche. Je cherche qui je suis et ça me bouffe. J'ai grandi dans une toile d'araignée. Une grosse merde enrobée de mensonge alors... Je suis désolé d'être insistant, mais... c'est plus fort que moi quand il s'agit de vérité. » tu as besoin de savoir alors que tu mens toi-même. C'est triste, mais il y a cette barrière qui semble insurmontable, celle qui brime les mots au fond de la trachée, incapable de parler. Pourtant tu viens de le faire, Zeno. Parce que tu as confiance en elle.

Pardonne-moi d'avoir jamais
rien dit clairement,
C A S S I O P E E.
Le mensonge n'était pas une option
seulement une réalité, une
N E C E S S I T E
parce que je suis incapable de
le crier sur les
T O I T S.

Expire longuement. Chasse les souvenirs incrustées dans des songes vrillés. Le passé est le passé que dise les gens. Si simple à dire, si simple à penser, mais si difficile à réaliser. Un bruit, un rire, une voix, un regard, un paysage... Tant de situations qui peuvent encore ramener en arrière. Et ce silence pesant. Ce silence que tu viens pourtant de briser. « Tu as... rencontré le dealer, c'est ça ? » lentement ce regard enfantin se pose sur elle, tes orbes venant s'ancrer dans les siens. Tu ne cherches pas à te défiler de ce que tu viens de raconter, mais tu n'oublies pas pourquoi vous êtes ici. « J'ai confiance en toi, Cassio. C'est pour ça que je suis insistant avec toi, parce que je ne veux pas te perdre sans lever le petit doigt. C'est compliqué c'vra, mais... t'es une des rares personnes en qui j'ai confiance. » ce n'est pas pour rassurer, pour flatter, seulement une vérité qui franchit des lèvres abîmées. Alors brièvement, tu essuie le sang de tes mains qui semble la troubler autant. « Si tu ne veux pas m'expliquer tout en détail, j'comprends, mais j'avais besoin de savoir. » ce n'est pas une grande nouvelle, oh non ce n'est pas une nouvelle que c'est insupportable de t'avoir à ses côtés. Doutes, peurs, angoisses, changeant... Ce n'est pas simple d'errer avec toi quand on attire ton attention. Cependant, c'est ta manière actuellement de l'apprécier, de lui démontrer cet attachement que tu lui portes. Alors lentement tu poses ta tête sur le sommet de la sienne, une main se perdant jusqu'à saisir l'une des siennes, enroulant tes doigts au sien. « J'attendrai... et je te demanderai rien de plus, c'est tout ce que je voulais savoir. Alors... prends ton temps, je serais là quand tu reviendra vers moi. Enfin... j'espère être patient pour ne pas venir vers toi avant ! » un bref rire. Zeno t'es irrécupérable et tu le sais.
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Cassiopée A. Riveira
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HURT FEELINGS

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« Just close your eyes, the sun is going down
You'll be alright, no one can hurt you now
Come morning light, you and I'll be safe and sound. »


Le visage posé contre le réconfort de son épaule tendue, les yeux encore vagues cherchant à retrouver les siens pour un contact visuel qui ne serait que bref. Car le regard savait se faire plus tendre et moins agressif et derrière un reproche qui n'en avait que l'air la vérité venait éclaircir son visage aux traits de craie. Elle ne pouvait s'en prendre au seul ami allant jusqu'à la suivre des heures durant pour avoir des explications. Zeno possédait cette humilité qu'elle n'avait jamais hébergé dans sa poitrine, ces liens qui importants à ses yeux, il cherchait toujours à préserver là où elle les avait toujours fuit pour explorer le monde. C'était encore une énigme qu'elle apprenait à gérer du haut de sa vingtaine, le cerveau peut-être assez développé pour comprendre les mots, mais les sentiments étant sans cesse voilés par des gestes brusques. Il lui fallait apprendre à gérer, un nouveau concept qu'elle n'hésitait plus à appréhender, petit à petit. Les sourcils assoupis au dessus des paupières, tel un enfant qui s'excuserait au monde elle resta en silence, attendant une quelconque réponse, n'importe quoi serait mieux que le vide de l'absence des mots. Dans le fond, préférait-elle le voir en colère qu'indifférent à sa présence. Elle avait été stupide dès le départ d'espérer pouvoir lui tourner le dos comme elle l'avait fait à son passé quelques mois auparavant. Le bout de la paume posé tout contre sa joue, cette main plus grande que la sienne, aux doigts différents également, elle esquissa un petit sourire discret, tournant son regard vers l'horizon et ses mystères.

Autour d'eux les êtres s'agitaient peu, les quelques rares étudiants passant encore devant eux posaient à peine des regards sur leurs deux êtres encore perdus, un peu plus compris, mais pas totalement. Puis doucement les mots vinrent l'extirper de sa contemplation curieuse, aux abords hésitants et tâtonnants, par son ton de voix elle comprit qu'il ne savait pas réellement comment lui annoncer ce qu'il voulait lui dire et elle fût d'autant plus concentrée sur ces paroles. Combien de fois l'avait-elle vu hésiter avant de lui annoncer quelque chose ? Jamais. Leurs liens étaient devenus ce qu'ils étaient car ils avaient sans cesse recherché la vérité et l'honnêteté de leurs proches, n'hésitant jamais lorsqu'il s'agissait de dire les choses, d'être franc là où beaucoup auraient été lâches et bien souvent hypocrites. C'était cette étrange transparence qui leur permettait de ne pas s'ignorer, marchant côtes à côtes bien qu'ayant des chemins différents. Cassiopée se redressa, étirant maigrement ses muscles, l'observant dans le silence de cette patience qu'elle n'accordait qu'à ses proches. Sur le moment, elle le trouva adorable, un peu comme ses bambins maladroits qui ne savent comment expliquer les choses. Elle aurait pu sourire franchement puis poser sa paume sur son épaule pour le soutenir mais ces mots furent assez puissants pour la stopper dans son geste.

Je ne t'ai pas tout dit non plus.
Réellement ?

Sa tête reprenant place sur ses côtés, contre cette épaule qui l'avait toujours accueillit sans reproches, malgré toutes ces choses qu'elle avait pu dire et faire, elle le laissa s'expliquer, hésiter, expliquant un sombre passé qu'elle n'aurait jamais pu ne serait-ce qu'imaginer dans ses sombres cauchemars. Et au fur et à mesure son visage se crispa, ses yeux se plissant devant cette injustice auquel il avait dû faire face, après laquelle il avait été durement puni alors qu'il n'avait été qu'un enfant à la recherche de réponses, d'une quelconque racine sur laquelle se raccrocher. Qu'est-ce que je dois faire ? Où dois-je aller ? Et si je ne sais pas vers qui me tourner ? C'était des questions qu'elle s'était posée, mais auxquelles elle avait eu des réponses grâce à ses parents. Il n'avait pas eu cette chance. Il avait été enlevé puis abandonné avant de connaître sa place dans ce monde. Elle n'osait ne serait-ce qu'imaginer ce qu'il avait pu ressentir et elle ne le voulait pas, se serait minimiser un passé douloureux auquel elle n'avait pas le droit d'y toucher. Ses dents vinrent s'accrocher sur sa lèvre inférieure, la malmenant tandis qu'elle tentait encore de restituer la situation dans un coin de sa tête. Et la vérité vint d'elle même, claire et transparente : il avait été seul. Tout ce temps. Abandonné dans ce monde qui ne semblait pas lui tendre ne serait-ce que la main pour l'aider à y voir plus clair. Elle l'imaginait encore piégé dans cette maison qui aurait dû être un havre de paix, mais qui s'était transformé en cellule grise, dans laquelle il ne pouvait que recevoir des coups.  Instinctivement sa main vint chercher la sienne et la serra délicatement, qu'il parvienne à comprendre que malgré l'absence des mots elle le soutenait encore.

Une mélasse de sentiments sombres au creux de la poitrine, elle hésita sur ses mots et sur l'attitude à prendre, ne sachant pas réellement comment aborder la chose. Comment encore vouloir l'empêcher de la voir alors qu'il lui faisait assez confiance pour lui dire une telle chose sur sa vie ? Difficile de douter de ce qui était visible et évident. Zeno était bien trop honnête, elle ne pouvait que plus lui faire confiance et espérer que jamais ces yeux aiguisés ne viennent alterner cette réalité. Elle avait été égoïste depuis le début mais assez lucide pour désormais s'en rendre compte.

— Je... ne sais vraiment pas quoi te dire. Je sais que ça ne changera probablement rien mais... je suis désolée Zeno, vraiment. Pour tout ce que tu as vécu et je suis désolée d'agir parfois... souvent de manière inadéquate envers toi.

Bien que fierté déborde de ses pores elle savait reconnaître ses bourdes et se remettre en cause, elle se savait fautive de son mal-être ces derniers temps et bien qu'elle ne soit qu'un détail, c'était peut-être le détail de trop.

— Bon dieu, si tu savais à quel point j'ai envie d'aller lui refaire le portrait à ton... à ce mec ! J'en reviens pas qu'on puisse... comment tu peux faire ça à quelqu'un ?!

Sa main glissa sur ses cheveux bruns clairs, les tirant vers l'arrière et elle tenta encore de se calmer, de museler son cœur battant sur une rage qu'elle n'aurait pas pu espérer sentir en cette journée ou mieux encore, un jour. Car les mots ne pouvaient résumer la chose, c'était aussi toxique que du poison ingurgité et elle qui désirait le protéger ne pouvait l'accepter. Tu as rencontré le dealer c'est ça ? Le souffle coupé sur la perspicacité de ce garçon qu'elle avait vu grandir quelques années, Allana ne prononça rien, surprise, s'arrêtant, finalement répondant d'une voix peu confiante.

— Dis-moi que tu l'as juste vu et que tu n'as rien fait d'autre.
Que tu n'as pas fait comme moi.

Juste un minuscule murmure en guise de réponse, ses yeux répondirent pour elle, inquiets pour cet ami qui à ses yeux avait un peu toujours été présent. Et les mots rassurants tout autant que les gestes, alors qu'il ôta le sang présent sur ses doigts et vint déposer sa tête tout contre la sienne, les doigts s'entremêlent. Cassiopée soupira en fermant les yeux, profitant du contacte, la poitrine embrouillée comme une pelote ayant trop roulé et ainsi salis ses fils, perdu son équilibre. Elle ne savait pas par où commencer.

— Je dois te dire quelque chose aussi.

Les lèvres qui se pincent alors qu'elle glissait ses doigts sur la texture de son sac, jouant avec la fermeture éclair, un toque qu'elle montrait à chaque fois qu'elle avait quelque chose de complexe à annoncer. Elle se redressa et se releva, faisant les cent pas devant lui, c'était sa manière de réfléchir. Par où commencer ?

— J'ai été diagnostiquée avec une maladie disons... compliquée au début de mon enfance. Ce n'était pas vraiment impossible à surmonter, dans le pire des cas on peut vivre avec quelques années mais... c'était pas aussi simple. Je ne sais pas trop pourquoi j'ai jamais voulu qu'on me tienne la main et pourquoi j'en ai jamais parlé à personne, je me dis que peut-être c'est parce que je n'avais pas envie d'être un fardeau. Je ne voulais pas qu'on me regarde différemment pour ça. Dans tous les cas, j'ai passé des années pas toujours évidentes et j'ai rencontré des mauvaises personnes, j'ai pas forcément fait les meilleurs choix. Récemment je me suis remise en question, je me suis dit que de toutes façon je tiendrai pas longtemps dans toute cette merde, j'étais pas mal découragée et désespérée et c'est à cause de ça que je dois faire face à des choses complexes maintenant. Parce que j'ai pris ce que je n'aurai pas dû prendre en rencontrant ce mec.

Cassiopée baissa les yeux, ses ongles griffant le tissus de ce sac qu'elle trimballait partout. Ce serait inutile de tout lui expliquer en détail, elle ne voulait pas l'inquiéter et lui rajouter des problèmes inutiles. Elle s'arrêta, l'air plus sérieux et inquiet, cherchant dans ses yeux un quelconque signe avant coureur afin de répondre à cette question qu'elle se posait encore. Les bras croisés sur la poitrine, elle regarda dans les environs, s'assurant que personne ne les écouterait.

— ... Zeno dis-moi que tu n'as rien accepté de lui.

❤️❤️❤️





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Zeno J. Clark
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Mar 18 Avr - 15:27Zeno J. Clark
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La solitude est un fardeau
que j'ai accepté d'endurer tout
S E U L
comme ce grand garçon
que je rêvais d'être. Cette
G R A N D E
personne que je souhaitais
vite devenir pour avoir enfin le
C H O I X.

Seconde instables. Situations précaires. Passés douloureux. L'humanité est un lot commun à chaque être vivant, c'est aussi un lourd fardeau à porter. Celui que les autres représentent de par leurs actes, leurs pensées, leurs mots. Les gestes qu'ils font, les mains qu'ils tendent pour sauver, mais aussi pour briser. Pour détruire la vie d'autrui. Vous êtes des enfants dans cette immensité. Des enfants qui n'ont pas toujours eu de chance. Des enfants qui tâtonnent pour essayer de grandir pleinement, pour tenter de devenir. Devenir ce quelqu'un que les Hommes rêvent d'être un jour. Ce quelqu'un que les plus blessés tentent de s'imaginer dès que le soleil se couche, dès qu'il se lève. De ceux qui rêvent de vivre enfin. De pouvoir inspirer ce bonheur dont les gens parlent. Ces adultes brisés qui veulent s'accrocher. Vous êtes tout cela. Tu es tout ceci, toi aussi. Tu es surtout ce gamin qui cherche sans relâche cette vie détroussée. Et ce gamin a peur. Peur de cette solitude qu'il connait pourtant si bien. Peur de perdre ces gens en qui il croit enfin. Peur de se tromper de chemin, de dévier sur les sentiers qui mènent à la perdition. Dans les trous noirs et sombres, dans le néant. Ce néant où tu finirais par disparaître sans jamais être devenu quelqu'un. Fébrile. Un tremblement parcours tes mains à cette vérité qui vient de s'envoler, mais cette chaleur est salvatrice. Chaleur humaine, vraie, tangible. Elle est là, elle s'insinue lourdement dans la chair de ton épaule et elle réchauffe cette froideur. Cette froideur que les souvenirs remontent inlassablement. Un fin sourire s'étire sur tes lippes auparavant fade, il est discret, presque timide. « Tu n'as pas à être désolée de ce que tu es. Ni même pour mon passé. Il a fait de moi ce que je suis, bien que ce ne soit pas prodigieux. » un rire, forcé. Un songe, perdu, oublié dans ce ciel éclairé, si violent pour tes yeux qui s'injectent de sang. « La colère, le dédain, l'égoïsme, le refus de la réalité, de ses échecs, le narcissisme, le trouble, les doutes, la peur... C'est ce que j'ai cru voir dans ses yeux quand il me frappait. » sans certitude. Sans conviction. Un peu à l'ouest et songeur. Les flashs de ses orbes menaçantes, de sa voix trop bruyante, de ses sentiments fulgurants. Instable. Zeno quand tu repenses à tout ceci, tu as peur. Peur de ressembler à cet homme plus que tu ne le voudrais. Peur de voir des similarités entre vous deux. Angoisse de marcher sur les pas de cet homme qui t'as élevé.

C'est quand je vois la
manière dont tu me
R E G A R D E S
à présent que j'ai la
sensation de pouvoir
C R O I R E
en moi. Que je ne suis
pas équivalent à cet
H O M M E
que je vaux encore
bien mieux que
Ç  A.

Silence. Son murmure atteint pourtant les oreilles aiguisés du gamin troublé. Temps de latence. Vide et soudain sa présence qui s'éloigne de tes côtés. Elle se lève, fait les cents pas. Une envie de communiquer au bord des lèvres. Un instant, tu songes à la rassurer. « Tu n'es pas obligé de me parler. » il y a des vérités qui sont bien plus dures à dire qu'à entendre, tu le sais. Cassiopée. Tu veux lui laisser le choix, la liberté de sentir prête de parler. De te parler. Pourtant ses mots s'ensuivent, ne cessent que bien plus tard ensuite. Compréhension. Ressemblance. Une question, tu ne réponds pas immédiatement pourtant. Sans bouger, sans broncher, les orbes se ferment, une longue inspiration survient et le silence qui se voit briser violemment. « Je n'avais pas envie d'être un fardeau. » lentement ton regard s'ouvre, sérieux presque sévère pour ceux qui ne peuvent y déceler la réalité ; tu es simplement attentif, compréhensif. « Ces mots... Je les comprends, mais sache que tu n'es et ne sera jamais un fardeau. Que tu n'as jamais été un fardeau. » ils semblent si vrais, ils sont vrais. Les mots si sincères, si pesés et pourtant. Pourtant toi tu n'as jamais cru en cela te concernant. Ce sentiment, cette seule pensée. Je suis un fardeau pour les autres. Elle vous rapprochent, encore. Une seconde s'écoule, une deuxième, une troisième. Soupir. Une main qui s'égare dans une crinière verdâtre, qui tire en arrière les mèches de cheveux rebelles. Et une main qui se tend dans sa direction. « Touche. » le mensonge est une interdiction à présent, à cet instant ce n'est qu'une vérité qui a besoin de s'échapper. Alors conscient de ce que tu entreprends, la température de ton corps varie, change. Glacial, mais pas assez pour geler. Chaud, mais pas assez pour brûler. Températures anormales, mais pas assez puissantes pour tuer. « Température corporelle. » cette pilule que tu as choisi d'ingurgité en espérant, en priant pour avoir une chance de trouver. Trouver une réponse sur cette personne que tu es, mais dont tu ne sais rien. Zeno, c'est triste de songer que tu as choisi la mauvaise couleur. Ce soir-là, dans cette ruelle putride, le rouge a attiré l'oeil, mais le bleu détenait la solution. La Vérité. « Je suis comme ça depuis Décembre déjà. » inutile. Cette capacité. Si inutile. Dans ta vie, elle ne te sert à rien, c'est ce que tu songes. Et l'espoir que cet homme, ce dealer vend aux êtres crédules, cet espoir que les rumeurs vendent également... il s'est dissout lentement. Il s'est brisé si rapidement. Il est mort quelques jours plus tard. Quand tu as fais brûler ton café avec la paume de ta main. Un soupir, blasé, retenu, murmuré. Une main qui vient gratter la nuque, frotter la peau tendue et fatiguée. « En entendant les rumeurs sur lui, j'espérais que cette pilule pourrait me donner des réponses, m'aider à trouver ce que je cherche, mais... elle ne me sert à rien. Sauf si un jour mon frigo ou mon micro-onde tombe en panne... » sourire faussement amusé, bref et déjà éparpillé. Déçu comme devant la réalité d'une publicité mensongère.
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I can't tell you what it really is

HURT FEELINGS

I can only tell you what it feels like





Les lèvres pincées dans l'atteinte d'une réponse qu'elle n'était pourtant pas complètement sûre de désirer entendre, les mots pourraient danser devant ses yeux et sonner doux à ses oreilles, ils resteraient les mêmes, elle craignait bien trop qu'il se soit égaré dans les mêmes terrains inconnus. Car la franchise étant à la fois une plume cajolant les visages et les miroirs du cœur, arme pouvant faire bien plus de dommages que les poings et que la situation actuelle était bien trop instable et complexe pour qu'ils puissent se regarder dans le blanc des yeux et se lancer des conseils avisés. Dans le fond, elle craignait que cette fois-ci cette complication installe son lot de questionnements, la promesse ayant été  - avant qu'ils ne se saisissent de ces pilules colorés - qu'ils puissent se trouver ou se retrouver, elle n'avait jamais été aussi perdue qu'après cet incident. Bien que les précédentes routes qu'elle avait pu emprunter avaient été étroites et parsemées d'embûches, elles avaient été néanmoins normales, n'importe qui ayant pu faire les mêmes choix en étant à sa place. Cependant là les choses étaient différentes, là il ne s'agissait plus d'une quelconque crise de jeunesse ou d'une quelconque maladie étrange, c'était un phénomène inexplicable qui empiétait dans le relationnel.

Et pourtant elle retrouva cette douceur dans cette voix rauque, les mots qui vinrent apaiser cette poitrine étouffante qui était sienne. Allana lui offrit un simple sourire en guise de réponse, de ceux qui restaient secrets mais qui dissimulaient beaucoup de choses. Elle ne savait pas s'exprimer autrement, lui montrer que ces mots eux étaient un rempart de sécurité et qu'en vérité elle avait été naïve de croire être un poids mort pour ces proches. On ne remarquait ses choses là que trop tard, ses liens s'étaient évaporés pour peu de choses.

— Tu n'en es pas un toi aussi.

Bien que parfois elle avait l'impression qu'il pensait le contraire et se voyait autrement que comme elle le voyait lui. Bien que parfois il esquissait ses sourires qui se voulaient rassurants mais qui ne l'étaient point, qui n'étaient que faussés et tristes, un peu comme les images en noir et blanc qu'elle collectionnait dans son appartement. Une étrange collection mélancolique. Ses chaussures qui se heurtent aux pauvres pierres présentes sur son chemin, elle les envoya valser de peu, posant ce regard qui ne voulait pas se faire voir inquiet et curieux, qu'il ne garde qu'une image positive d'elle, pas ces amères morceaux qu'elle se hâtait de ramasser.

— Ne doute pas de ça, tu es bien plus fort que tu ne le crois.

Comme une évidence l'effleurant de sa caresse discrète, les bras croisées et les yeux fixés dans le bleu des siens, la bise venant caresser son épiderme tandis qu'elle baissait maigrement les yeux. Le soleil lui tapait sur le visage, la faisant hésiter sur son approche et sur les mots à venir. Puis soudainement une demande qu'elle eut du mal à comprendre tout comme ses mots, il lui tendit le bras, lui intimant de le toucher pour comprendre. Et alors que ses doigts rejoignirent sa peau elle constata quelque chose d'étrange, cette température corporelle qui était sienne variait entre le chaud brûlant et le froid glacial. C'était comme caresser une bouillotte puis ensuite caler sa paume contre un verre glacé, étrange en somme, bien plus lorsqu'en relevant la tête elle constata qu'il n'avait pas l'air plus surpris et que cela ne lui demandait aucun effort. Et merde. Tu n'as pas réussi à le protéger, Cassiopée. Le regrettes-tu ?

Les regrets d'être resté dans l'ombre tandis que lui s'efforçait de continuer d'avancer dans la pénombre. Bien que ce chemin il devait le tracer seul elle avait été présente encore en cet instant et peut-être... peut-être que si elle avait pris cette pilule plus tôt elle aurait pu voir teint sur son visage qu'il était bien las et fatigué de cette situation pesant sur ses épaules. C'était trop tard, il avait déjà un plus courant dans ses veines.

Température corporelle.

Telle était la close ajoutée à sa vie déjà assez mouvementée et croisant ces yeux elle comprit que cela n'était pas pour le réjouir, il semblait... déçu. Un peu comme elle l'avait été mais différemment, d'une manière moins perçante et toxique, il percevait les choses plus posément. Elle l'envia presque de son calme.

— Je ferai en sorte de ne pas t'énerver à l'avenir, j'aurai trop peur de te faire te bruler de l'intérieur.

Elle vint déposer ses doigts sur le haut de sa tignasse, glissant sur ses cheveux verts, s'amusant à les éparpiller puis à les remettre en place, comme elle appréciait de le voir coiffé. Cette phrase n'était rien de plus qu'une sorte de maigre consolation, qu'il ne sache pas qu'elle percevait son air affaiblit malgré son honnêteté. Zeno ne lui mentait pas, il n'était pas ce genre de personne. C'était à la fois un repère rassurant et une angoisse grandissante, un liquide mi-chaud mi-froid, doux/amer. Cassiopée baissa les yeux, mordillant l'intérieur de sa lèvre inférieure, comme plongée dans ses pensées, telle une mère qui tente encore de protéger un enfant devenu trop grand.

—  Écoutes...

Un maigre regard jeté sur son téléphone sorti de ses poches, elle plissa les yeux mais ne prononça rien de plus. Il avait besoin d'elle sur cet instant, elle n'avait pas le droit de lui tourner le dos comme elle l'avait fait à sa famille. Pas cette fois.

— Je dois y aller mais, je fini mes cours à 18 heures. Je t'enverrai un message et on trouvera quelque chose à faire. Tu vas finir par me déprimer si tu continues à sourire faussement comme ça. T'es pas... t'es loin d'être le seul paumé dans sa vie, crois-moi.

Cette tonalité plus fière s'effaça dans ces mots qu'elle voulait plus doux, elle se baissa pour attraper ce sac traînant encore à ses pieds puis posa sa main sur son bras pour tenter de le relever de sa seule force. Le résultat ne fût pas des meilleurs, mais ce fût suffisant pour qu'il comprenne qu'elle comptait l'accompagner encore un peu. Tu ne peux pas rester à ses côtés bien trop longtemps. Ainsi elle serait une confidente en cet après-midi, pour qu'il retrouve un semblant de sourire. Puis comme le vent peut-être qu'elle s'en éloignerait encore quelques temps, car son amitié était bien trop importante pour qu'elle ne puisse le perdre à cause d'un mot de trop et de choses superflues qu'elle ne savait pas encore ignorer. Zeno méritait de savoir la vérité, mais pas de cette façon.

— Fais-moi plaisir et repose toi j'ai l'impression que ça fait des jours que tu ne dors pas correctement.

Dit-elle alors que ses derniers pas résonnent devant cette bâtisse immense, qu'elle glissa sa paume contre la joue pour le rassurer légèrement. Les mots rassurants n'avaient jamais été sa meilleure arme, mais qu'il comprenne ainsi qu'elle n'était jamais vraiment très loin.


❤️❤️❤️





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Date d'inscription : 22/03/2017
Zeno J. Clark
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Jeu 4 Mai - 14:47Zeno J. Clark
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Cassio, les mots que tu lâches
à présent sont comme des
b o m b e s
qui me tombent violemment
dessus et pourtant ils
n ' a r r a c h e n t
que ce sentiment d'être en vie
d'avoir eu raison de me battre
e n c o r e.

Les enfants. Ils ne voient souvent que les mauvais côtés. Ceux que l'on voudrait pouvoir éviter. Que l'on souhaiterais pouvoir dégager des chemins menés d'embûches. D'un simple coup de pied, on aimerait pouvoir les faire disparaître. Pour avoir la chance d'avancer encore. De pouvoir faire un pas en étant confiant. Les enfants. Ils attendent les adultes pour les rassurer. Les mains qui pourront alors les relever, les aider à avancer. Celles qui réchauffent les cœurs blessés. Celles qui arrachent ce sourire enfantin, innocent. Les enfants ont besoin de ces adultes pour continuer à grandir. Ceux qui ont abandonnés ta main, qui l'ont couper avant même de lui donner une chance d'exister. Tu ne sais pas, Zeno, si tu n'es pas un fardeau comme elle semble le croire. Si elle a raison de penser que tu es fort. Si Cassio a raison de croire en toi, en ce qu'elle croit voir en toi. Parce que les horizons s'égarent, s'éparpillent en un claquement de doigt, se dissipent en un instant. Les nuances se perdent et se meurent simplement. Alors le monde se détériore, fini par apparaître dans un voile de pénombre sans fin. Ainsi tu erres, seul. Comme ce naufragé solitaire qui tente pourtant de s’amarrer quelque part, à un point d'ancrage qui puisse le sauver. Regarde devant toi alors que ses doigts frôlent ta main pour y trouver les réponses. Ce n'est rien en soi et pourtant. Ce seul contact te donne la chance de croire. De pense qu'elle est un point d'ancrage que tu cherches tant. Quelque part, tu le sais bien. Sa petite blague tombe et un sourire étire tes lippes, discret. « T'en fais pas, je sais me contrôler. » rassurant sans réelle raison. Sa main se perd dans la tignasse verdâtre, la laissant faire sans broncher. Une seconde, oui pendant une seule seconde, tu fermes les yeux. Comme si seul contact était d'une rareté à préserver, à graver. Lentement, les orbes reviennent mourir sur ce paysage banal, habillé par sa seule présence.

Petit à petit je me rend
compte que ce monde peut-être
i l l u m i n é
par un seul visage comme
si le bonheur m'étais encore
p e r m i s
comme si j'avais encore le
droit d'y croire pendant une
s e c o n d e.

Un téléphone, il entre dans ton champ de vision soudainement. D'un claquement de doigt, il apparaît. Semble chercher à vous séparer. Ou bien est-ce l'heure ? Ce temps qui défile inconsciemment quand on ne le guette plus. Le sourire se meurt alors que tu te lèves pour la suivre, faisant un bout de chemin à ses côtés. Ton regard tombe de temps en temps sur elle, l'observant silencieusement. Et le bâtiment survient, t'arrêtant devant ses portes, laissant sa main toucher ta peau. « Je vais chez moi... dormir un peu. Tu me trouveras là-bas quand tu auras fini tes cours. Je t'attends ! » simplement, c'est tout ce qui vient alors que tes pieds ne bougent pas, la regardant s'éloigner jusqu'à la voir disparaître. Alors dans un silence certain, un soupir s'échappe de tes lippes abîmées. L'ongle de ton pouce revient se ronger et lentement tu reprends ton chemin. Dans les ruelles de cette ville que tu connais bien à présent, tu retournes dans cet antre parsemé d'affiches d'enfants disparus. Ces visages où tu espères voir une lueur d'espoir, une ressemblance ou même un visage dont tu te souviens. Ce visage que tu avais enfant. Celui qui se rapproche le plus de tes six mois probablement. C'est peine perdu et dans cette errance soudaine, un bref sourire arme tes lèvres, fade. Pourtant...
Cassio reviendra pour essayer de t'en arracher un vrai. Ce véritable sourire qu'il manque tant à cette vie morne. Et c'est en songeant encore à cela que tu t'affales sur ton lit en arrivant. Sisty venant rejoindre tes côtés pour dormir avec toi.
Et tu fermes les yeux sur ce monde, Zeno.
Love you
 
{ H U R T F E E L I N G S } •• Casseno. || Done
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