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“todo comenzó con disgusto - ft. ona”

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Messages : 90
Date d'inscription : 17/03/2017
Scarlet Fawkes
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Mar 28 Mar - 22:43Scarlet Fawkes
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silence speaks louder
then every other word
Cadence monotone matinale - matinale, une fragrance qui a cet arrière-goût de caféine désuet qui croule jusqu’aux racines de sa dentition. Appuyer contre un pilier, elle observe silencieusement – le regard qui filtre le rythme des pas des élèves, de leurs rires, de leurs dialogues pour en prélever quelques onces de bonheur. Les recoins de sa bouche qui s’expatrie de la fine neutralité de ses traits dévoilant cette passion qu’elle diffuse à travers sa profession. « Miss. Fawkes ? » Une voix qui jonche l’innocence. Ses yeux ne cadrent plus l’homogénéité de la scène, mais cherche plutôt la source de cette douceur. Vers la gauche, puis vers la droite. Elle sentie son épaule réquisitionnée par un contact pour étirer son champ de vision vers le bas. Corps frêle et visage curieux qui se pointe vers elle. « Bon matin Lys ! Comment puis-je t’aider ? » Plus les mots de leur échange s’empilaient, plus le rouge s’encrait sur sa peau bistre. « Pour la journée de prévention…Vous…Vous allez être où ? » L’oubli de cette journée résonna comme une bonne excuse à la réponse qui s’enchaîna à sa question. « Oh putain…La journée de prévention… »

Cadence accélérée – accélérée sous les claquements de ses souliers qui cherchaient du regard la salle des enseignants, la feuille de consigne pour la journée, son nom et finalement la salle où elle devait être présentement. Le souffle fut sa nouvelle quête une fois le pied dans la classe assignée. Son élan se freina d’un seul coup, pour s’appuyer sur un appuie – appuie de chair et d’os qui attira son attention non par le mouvement de l’appuie mais par les lettres qui s’étalaient sur le gilet. Police.« Je n’ai pas dépassé la vitesse maximale je vous le jure hein, j’ai vérifié à gauche et à droite avant de courir…Je veux dire accélérer le pas dans les cou-loirs… » Sa voix se crispa et les battements de son cœur déviait dans tous les sens sous sa poitrine. Elle la reconnaissait. La policière qui justifiait autrefois sans la moindre alibi un certain recul sur la possibilité d’interaction. Ona. Elles étaient plus jeunes. Scarlet l’avait épiée du regard, l’avait analysé sans émettre un quelconque désir d’entamer une amitié. Le silence d’un raisonnement rationnel allait être remis sur le menu du jour en plus d’être l’institutrice en charge de la policière pour la journée de prévention.

Scarlet croulait à la recherche de paroles à dévaler lorsqu’il n’y aura plus qu’elle et Ona. Scarlet et Ona. Elles ne s’étaient jamais parlées, elles n’avaient jamais été dans la même classe. Mais elles se connaissaient – elles connaissaient de manière réciproque ce désintérêt l’une vis-à-vis l’autre. Elles se retrouvaient aujourd’hui à confronter ce dégoût, barricadé par les pressentiments injustement proclamés.

Candence silencieuse – silencieuse échange maladroit. Scarlet se lança. « Et sinon tu es devenue policière pour les donuts ou pour les hommes en uniforme ? » Stupide. Lâche. La pilule de la rhétorique s’isolait bien loin de toutes solutions accessibles à Scarlet pour transpercer ses années de distanciation.

. ftona

BY MITZI

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Date d'inscription : 22/03/2017
Ona Mhatasi-Keegan
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La plupart des gens, quand ils reviennent dans leur ancienne école, font la même remarque : « c'était plus grand dans mes souvenirs ». En se tenant devant ce lycée qui fut un jour le sien, Ona est obligée d'admettre qu'elle n'a pas pris un centimètre depuis cette époque et que les bâtiments lui semblent de l'exacte même taille. Avec résignation, elle se dirige vers l'entrée.

Ils ne sont pas nombreux ceux et celles qui gardent de merveilleux souvenirs de leur adolescence entre ces murs et elle n'en fait clairement pas partie. Mais bon, ils n'étaient pas si terribles que ça non plus. Des souvenirs normaux, au final. Ona déambule dans les couloirs autrefois familiers, le mail qui lui a été envoyé contenant tout le déroulement de la journée sous les yeux. Elle va devoir partager son temps de parole avec des pompiers, des urgentistes, des membres de la sécurité et encore bien d'autres membres de différents métiers dont elle avait quasiment oublié l'existence. Bien sûr il est important d'inculquer quelques règles de sécurité aux jeunes, mais la débauche de temps attribuée à cette tâche la surprend. Il doit se passer bien peu de choses à New Haven pour que autant de personnes gaspillent leur journée ainsi.

Le mail lui indique la salle où elle est censée retrouver le reste de la foule qui ne la quittera pas aujourd'hui. Ona reconnaît ce qui fut un jour sa salle de mathématiques et jette un coup d’œil à l'heure (elle est dans les temps). Elle se met en marche sans prendre la peine de vérifier sur un plan sa destination et réajuste machinalement sa chemise beige et sa cravate. Son badge brille de mille feux sur sa poitrine et sa ceinture est solidement bouclée, elle a même pris la peine d'apporter son chapeau à larges bords. En général c'est ce que les enfants préfèrent, ça et le flingue, mais il n'y a qu'un seul des deux qu'elle les laisse essayer.

Quand elle rentre dans la pièce, la majorité des représentants des autres corps de métier sont déjà là ainsi que les élèves, mais pas trace de leur professeur. Tout ceci commence fort bien. Après avoir poliment salué ses égaux, Ona se plante à la place qu'il lui reste non loin de la porte d'entrée. Des murmures bruissent mais elle reste silencieuse, à l'aise dans son mutisme quand tous les autres commencent à s'agiter. Les minutes passent et l'impatience commence à se faire sentir, elle songe même à aller demander des nouvelles à quelqu'un (elle ne sait pas qui, une secrétaire ? le directeur ?) quand le battant s'ouvre brusquement.

Scarlet Fawkes. Ona la reconnaît immédiatement alors que l'enseignante s'arrête en catastrophe à quelques centimètre (au-dessus) d'elle. Elle n'a pas changé ; des kilomètres de peau bronzée, une cascade de boucles brunes, des lèvres pulpeuses, des jambes interminables. La jalousie de ses seize ans revient un instant au galop, juste avant qu'elle ne se souvienne que ces conneries ne sont plus de son âge.

- Je n’ai pas dépassé la vitesse maximale je vous le jure hein, j’ai vérifié à gauche et à droite avant de courir…Je veux dire accélérer le pas dans les cou-loirs…

Ona lève un sourcil, entre le scepticisme et l'amusement. Scarlet a même conservé cette aisance qu'elle a toujours eu pour aborder les gens, puis dans ses yeux une lueur de reconnaissance passe soudainement. Ah, elle l'a donc reconnue. Malgré le fait qu'elles aient passé quatre ans dans le même lycée elles ne s'étaient jamais adressées la parole. Ona l'avait toujours classée dans cette catégorie imaginaire des personnes populaires à cause de son physique avantageux, la jugeant honteusement sur son apparence alors qu'elle-même détesterait la réciproque, et n'avait ainsi jamais fait le moindre effort pour faire sa connaissance. Le destin est bien farceur parfois.

- Et sinon tu es devenue policière pour les donuts ou pour les hommes en uniforme ?

Scarlet fait partie de ces gens que le silence gêne, elle le comprend aussitôt. Sa tentative de briser la glace est maladroite, mais semble déjà un pas de géant dans leur relation inexistante. Ona n'avait jamais imaginé devoir un jour discuter (et encore moins passer la journée) avec Scarlet Fawkes et ne sait vraiment comment réagir. Après tout, elle ne la connaissait pas. Pourquoi ne pas lui laisser le bénéfice du doute ? Peut-être se révélerait-elle sympa, au final.

- Pour les menottes, évidemment.

Ona souri doucement, et le simple fait de répondre à sa blague lui fait le sentiment d'enterrer une hache de guerre. Une guerre des préjugés qu'elle n'était pas au courant de mener.

- Et toi, professeure hein ? De quoi ? Je n'aurais jamais imaginé te retrouver au même endroit que celui où je t'ai vue pour la dernière fois il y a quinze ans.

Quinze ans bon sang, ce nombre lui donne le tournis. À quel point a-t-elle... non, ont-elles pu changer depuis tout ce temps ?
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Scarlet Fawkes
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Jeu 13 Avr - 3:22Scarlet Fawkes
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silence speaks louder
then every other word
La nervosité l’obligea à se déplacer vers la petite machine à café qui a été installée tout près de leur emplacement pour les policiers et autres membres invités qui le désiraient. Elle versa le liquide encore bouillant, le regard qui titubait d’Ona à son verre entre l’attente de sa réponse et sa propre question qui lui semblait de plus en plus ridicule. En portant la boisson à ses lèvres pour y ingurgiter une bonne gorgée – « Pour les menottes, évidemment. » Aussitôt recrachée. Pour diminuer le nombre de catastrophes naturelles que peut causer à elle-même Scarlet, elle eut le réflexe rapide de prendre quelques serviettes de table pour essuyer cet autre malaise. « Omg je t’assure ça m’arrive pas souvent hein juste…Bon d’accord parfois je l’échappe mais c’est pas sûr les gosses enfin…Okay je l’avoue une fois mais il a pas été brûlé j’veux dire…Est-ce que je peux me faire arrêter pour ça tu crois…EN FAIT continue tu allais dire quelque chose non ? » Elle se repencha sur son malaise, les yeux qui n’osaient à peine lire l’expression qui pouvait se retrouver sur son visage. Elle ne fit mine de rien. Elle continua.

« Et toi, professeure hein ? De quoi ? Je n'aurais jamais imaginé te retrouver au même endroit que celui où je t'ai vue pour la dernière fois il y a quinze ans. » Elle releva la tête, puis le reste de son corps suivit, lançant dans la poubelle les quelques serviettes utilisées. Elle sentait s’estomper ses années de silence entre elles. « Je voulais postuler comme maire de New Haven mais bon, les citoyens ne sont pas encore prêts pour une femme de talent apparemment. » Haussement de sourcils entre deux gorgées et reprit. « Mais bon, professeure de littérature j’crois que ça le fait bien aussi non ? Éduquer les petits, leur donner goût du savoir et leur transmettre des connaissances c’est un bon concept de continuer j’trouve. Et quinze ans ne m’en parle pas j’ai l’impression de sentir la lavande avec tout ça puis… » Interrompue. « Quoi Alex ?! » Une autre gorgée. « APPAREMMENT VOUS ÊTES ARRIVÉE EN R’TARD M’DAME FAWKES HAHAHA ET VOUS AVEZ FONCÉ SUR LA POLICIÈRE ! » Aussitôt – à nouveau – recrachée. « ALEX TU SURVEILLES TON PUTAIN DE LANGAGE DE MERDE OK ? ET J’SUIS ARRIVÉE UN PEU EN RETARD, J’AI PAS FONCÉ DANS LA POLICIÈRE EN PLUS, JE ME SUIS JUSTE UN PEU APPUYÉE SUR -…Quoi ?! POURQUOI VOUS ME REGARDEZ COM…me ça. » Il ne suffit qu’à ses yeux à faire demi-tour pour voir l’éclat d’un autre de ses cataclysmes. Sa gorgée, recrachée non sur le sol mais sur Ona. Le visage, son uniforme. En deux temps trois mouvements elle attrapa d’autres serviettes de tables et tenta à nouveau d’effacer sa gaffe. « Alors pour ça j’crois que je peux être arrêtée non…Je suis désooolée j’étais tellement dans la conversation et puis j’ai, j’ai… » Elle ne l’avait jamais vue de si près. Elle n’aurait jamais cru pouvoir concentrer son regard sur ses traits – sa peau, ses yeux, la commissure de ses lèvres – de la voir elle Ona, non d’un simple préjugé infondé qui se promène au loin, mais d’un être au visage taciturne et empressé. « Pardon. » D’un ton aussi détaché que le reste de sa conscience.

. ftona

BY MITZI

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Date d'inscription : 22/03/2017
Ona Mhatasi-Keegan
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La réponse fuse et le café gicle. Ona fait un bond sur le côté pour eviter le liquide sombre et regarde avec étonnement Scarlet s'épancher en justifications et excuses. Y serait-elle allée trop fort avec son histoire de menottes ? Pourtant il lui semblait que c'était le genre de son interlocutrice, le langage bravache à la limite de la provocation. Ona attrape des serviettes pour l'aider à nettoyer sa maladresse, mais déjà Scarlet la pousse à continuer sa phrase et elle s'exécute docilement.

Elle ne se souvenait pas qu'elle était aussi gaffeuse. Enfin, « souvenir » est un grand mot quand on ne s'est jamais parlé dans sa vie, à peine côtoyées.

- Je voulais postuler comme maire de New Haven mais bon, les citoyens ne sont pas encore prêts pour une femme de talent apparemment.  

Ona esquisse un sourire, amusée, tandis que la conversation prend un tour plus intéressant. Oublié le café, Scarlet se redresse avec grâce et lui expose avec simplicité sa vocation pour l'enseignement. La littérature, elle n'aurait jamais pensé à ça. Son sourire s'élargit en l'imaginant lire du Jane Austen à sa classe ou plaidoyer sur du Dickens. Elle a assurément la fougue nécessaire pour cela. Ona en est presque à rire (se demandant pour quelle raison stupide elles n'ont pas engagé la conversation plus tôt dans leur jeunesse) quand le charme est rompu.

Un élève vient couper l'éloquence de sa professeure et à nouveau le café vole, trop rapide pour que Ona puisse l'esquiver. Occupée à nettoyer ses yeux du breuvage encore chaud, c'est d'une oreille distraite qu'elle entend les grossièretés et autres propos fleuris qu'elle n'aurait jamais cru entendre un enseignant adresser à l'un de ses élèves. Elle qui s'apprêtait à classer Scarlet dans la catégorie des gens sympathiques, la voilà bien refroidie.

Des serviettes en papier se collent sur sa figure, sur son cou, sur les tâches de sa chemise d'uniforme. Quand elle arrive enfin à ouvrir un œil, c'est pour le poser sur une Scarlet bien plus proche et paniquée que l'instant d'avant.

- Alors pour ça j’crois que je peux être arrêtée non…Je suis désooolée j’étais tellement dans la conversation et puis j’ai, j’ai…
- Tu devrais faire un peu moins attention à si tu risques de te faire arrêter ou pas, et un peu plus à ton café
, lui réplique-t-elle entre deux coups de serviette sur ses pommettes.

C'est au moins la troisième fois qu'elle lui pose une question du genre et Ona commence à trouver ça un peu redondant. Sans être énervée, il faut avouer qu'il n'est jamais agréable de se faire cracher quoique ce soit au visage et ce n'est certainement pas de cette façon qu'elle imaginait sa première intervention en milieu scolaire depuis son retour. Une fois à peu près sèche, elle prend un pas en arrière pour remettre une distance polie entre Scarlet et elle.

- C'est pas grave, dit-elle finalement. Ce sont des choses qui arrivent.

Ona étire un maigre sourire pour son interlocutrice, puis baisse un regard embêté sur son état. Le marron du café ressort bien sur le beige de son uniforme et elle sent sa peau collante malgré un nettoyage consciencieux. Un soupir lui échappe.

- Je vais faire un tour aux toilettes. Heureusement que je me souviens du chemin.

Elle sort sans attendre et se retrouve en quelques enjambées au lieu souhaité. Là elle retire sa chemise (le tissu épais a protégé son débardeur noir des dégâts, miracle) et entreprend de rincer les tâches avec de l'eau. Une fois cela fait, Ona prend de l'eau en coupe dans ses mains et se l'applique dans le cou et sur le visage.

Avec tout ça les interventions n'ont même pas encore commencées, prenant toujours plus de retard. Tant pis, elle fera la sienne en demi-uniforme. Au moins elle a toujours son chapeau.
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