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“Forçage partout décence nulle part •• Jung-Myeon”

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Messages : 15
Date d'inscription : 25/04/2017
Agravaine Asplund
bleu
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forçage partout
décence nulle part
jung-myeon
Tu sais très bien comment ça se passe, et pourtant tu ne t'en lasses jamais : d'abord on vient te trouver en faisant mine de pleurnicher d'un air malheureux, avec plus ou moins de supplication dans la voix selon la gravité de la situation, qu'il y a tel truc méga important of the dead qui doit absolument être fait là maintenant tout de suite mais que c'est impossible de s'en charger et d'aller travailler en même temps, ensuite tu fais semblant de te faire désirer histoire qu'on te supplie un peu mais au final comme on abandonne pas un frère tu vas volontiers encaisser les packs de lait des grands-mères avec la satisfaction de savoir que machin fait disparaître les preuves de la fête qui s'est tenue chez ses darons avant qu'ils rentrent de leur voyage ou que bidule est parti s'introduire dans la sorority house de son ex pour lui faire une sérénade au ukulélé. Et que ça te donne des sous à rajouter dans le bocal étiqueté "nouvelle bécane" qui traîne sur ta commode.

Tu te retrouves donc livreur de sushis d'un soir, et ce qui s'annonçait comme une suite sans fin de livraisons chez des étudiants fauchés et des ménagères de moins de trente ans qui ont la flemme de salir leur vaisselle devient tout à coup beaucoup plus intéressant lorsque le resto reçoit une commande de Vogue New Haven. Rien que ça.

Bien évidemment tu te jettes dessus dès qu'on l'annonce, trop content de pouvoir te rendre dans un endroit aussi stylé et en plus d'avoir l'occasion de faire rager le pote qui aurait pu s'en charger s'il n'était pas venu piouner ton aide pour éviter de travailler ce soir. Il ne te faut pas longtemps pour te mettre en route vers les locaux du célèbre magazine de mode, non sans te demander qui peut bien encore travailler aussi tard là-dedans. À en croire la source super fiable qu'est Le Diable s'habille en Prada, il y a des histoires de book rendu super tard ou quelque chose du genre.

Tu as l'impression d'avoir dû sonner à tellement d'interphones avant d'arriver aux bureaux à proprement parler (sécurité, tout ça tout ça) que lorsque tu te trouves enfin face à une porte qui n'a pas de digicode, le naturel reprend le dessus et tu la défonces d'un coup de talon.

Shalom bitches !

Tu fais quelques pas en avant sur tes semelles lumineuses qui clignotent avec indignation sous le coup qu'elles viennent de se prendre, et continue de brailler sans entendre la porte malmenée claquer derrière toi.

Que la personne qui a appelé un gigolo se contienne parce que moi je suis juste là pour donner son menu A2 à un dalleux, de préférence sans voir la bite de personne, merci beaucoup.

Et puis soudain la réalisation se fait : les bureaux sont déserts. Enfin pas déserts déserts parce que les sushis que tu as dans les mains ont bien été commandés par quelqu'un, mais en tout cas, de là où tu te tiens, tu ne vois personne.

Mais il y a personne là-dedans ou c'est comment ?
Messages : 88
Date d'inscription : 28/02/2017
Localisation : Canapé
Jung-Myeon Hyeon
rouge
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I need a partner
are you out tonight ?
// Aggie ♥

Tap tap tap le bruit que font les lettres rutilantes lorsqu’elles rebondissent sur le clavier jusqu’à l’écran éblouissant – petite musique lourde ça tape tape tape sur le système
Il soupire sans grâce – il n’y a personne pour l’entendre – encore une centaine de cartes de visite dont il faut recopier les coordonnées – tata aurait pu lui laisser emprunter le scanner holographique mais non Jung-Myeon mon chéri tu es ici pour apprendre à utiliser ton cerveau et en quoi recopier des cartes de visite sur un fichier excel c’est utiliser son cerveau, qui fait encore ça en 2032, qui utilise encore un clavier en 2032 ?
Tata est allée à un gala de charité organisé par l’Association Protectrice des Animaux de l’Antarctique ou bien peut-être était-ce en l’honneur du plus gros donateur du Museum de New Haven – peu importe on s’en fiche – son neveu est on ne peut plus content que l’éminente rédactrice en chef ne l’ait pas forcé à venir avec elle – il est incroyablement satisfait de se retrouver seul dans les vastes locaux de la rédaction sans avoir à supporter les vibrations insupportablement fourmillantes qu’émettent les âmes incarnées dans leur empressement, battant leur travail avec fougue pour éviter les foudres du grand rush
il fut cependant fort agacé lorsque sa parenté posa sur son bureau désigné une pile monumentale de petits papiers aux contours rutilants au moment où il s'apprêtait à appeler Monsieur Steeves, son chauffeur bien-aimé, qui l'aurait aidé à regagner au plus vite et surtout sans encombre l’appartement refuge, sa chère île vierge de vie trop agitée (à l'époque, le dernier épisode de Top Model U.S.A était imminent) (mais bon il est tard à présent, alors l'émission est passé depuis longtemps).
Il s’étire lascivement – il n’y a personne pour le regarder – et crac le son de ses articulations tendues qu’il étend ; fait la girouette sur sa chaise de bureau guidé par cette vive brise essentielle qu’on appelle ennui profond – il a commandé des sushi il y a quelques temps maintenant et ils n'ont toujours pas été livrés alors que ça fait bien trente minutes que Jung-Myeon a appelé – la bourrasque se fait donc embêtement – quelques petits tours en tornade, l’écran tout blanc qui revient toujours en implacable cinématique cyclique – quel affligeant manège que cette paresse-là – il pose ses lunettes sur le bureau et frotte sa vision troublée – Myung n’a pas l’habitude de beaucoup travailler –  Myung n’a pas l’habitude de faire grand-chose de sérieux

et puis BOOM la porte qui s’ouvre en coup de grand tonnerre après le vent
et puis AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!! ses hurlements face à l’ouragan – bang le chahut de la chaise s'écrasant sur le sol, expulsant au passage son couard cavalier qui, plus effrayé qu’outré, roule sous le bureau pour se protéger des éclairs fougueux déchaînant désormais son innocent ciel de tranquillité – une fois, on lui a dit qu'en cas de tempête la foudre peut tomber au hasard et tuer aléatoirement, et c'est une histoire un fait qu'il n'est pas prêt d'oublier.

c’est ton heure Myung ça y est on vient te tuer te terminer t'assassiner oooooh alors que t’as même pas vu le dernier épisode de Top Model Usa et que Jung-Hee t’a toujours pas rendu ton cardigan favori, tu devras donc être enterré sans -- attend attend, est-ce que la foudre assassine en parlant ? Et est-ce que la foudre parle vulgairement ? Est-ce que la foudre vient d’employer le mot b--

— Mais il y a personne là-dedans ou c'est comment ?

Il se relève, lentement, craintivement – le nez à la hauteur du clavier – les yeux un peu plissés – trop de lumière, trop de tonnerre – mais ses lunettes sont tombées – alors c'est un déluge de fureur trop claire qui déferle vers ses iris – il peut distinguer pourtant par-delà les nuages gris une silhouette aux traits humains (c’est déjà ça) qui paraît porter des sacs en papier apparemment nommés « méga sushis » (c’est encore mieux) mais affligée d'une dégaine bien trop négligée pour un épouvantable envoyé de Jupiter (c’est à la fois révoltant et effrayant)

« Vous êtes malades ou quoi d’ouvrir la porte comme ça ? J’ai eu la peur de ma vie oh mon dieu – une main tâtonnant par terre à la recherche de la paire de lunettes perdue l’autre près de sa joue posée à plat sur le bureau (il est toujours à genoux) – et j’ai pas demandé un gigolo du tout je vois pas ce que vous voulez dire par là mais en tout cas c’est n’importe quoi !! Ok ? Bref, y’a de l’argent sur la table devant vous, laissez les sushi, et vous pouvez quitter les lieux, merci beaucoup, au revoir, et fermez calmement la porte en partant s’il-vous-plait. »

Et plus vite que ça ; la présence rassurante de la solitude me manque déjà.

 
Forçage partout décence nulle part •• Jung-Myeon
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